L'étude de la préhistoire est là pour nous rappeler que les
catastrophes climatiques peuvent aussi avoir des causes totalement
extérieures au fonctionnement de notre belle planète.
C'est
ainsi que le brusque refroidissement qui congela l'hémisphère Nord
pendant plus d'un millénaire, entre - 12 900 et - 11 600 ans, a
vraisemblablement été provoqué par la chute de très gros cailloux venus
du ciel. Autrement dit, de comètes ou de météorites dont l'impact sur
le sol a éjecté d'importantes quantités de poussières dans
l'atmosphère. Ces dernières, en bloquant une partie du rayonnement
solaire, auraient fait dégringoler les températures d'environ 7 °C en
l'espace de quelques siècles. Ce qui est énorme !
Ces
bouleversements majeurs expliqueraient la disparition de grands
mammifères, comme les mammouths, mais aussi celle des fameux hommes
préhistoriques de la culture Clovis, longtemps considérés comme les
plus anciens habitants du Nouveau Monde.
Dans un court article, publié jeudi dans la revue Science,
l'équipe dirigée par Douglas Kenneth de l'université de l'Oregon
(États-Unis) vient d'apporter la preuve quasi irréfutable de l'origine
«exotique» de ce mini-âge glaciaire, baptisé nouveau dryas. L'hypothèse
avait été formulée, il y a un peu plus d'un an dans les Annales de
l'Académie nationale américaine des sciences (Pnas)
.
Particules de diamant
Mais
cette fois Douglas Kenneth annonce avoir découvert des quantités
considérables de nanoparticules de diamant à l'intérieur de sédiments
datant de - 12 900 ans collectés sur une demi-douzaine de sites, aux
États-Unis et au Canada. Soit un âge qui correspond, à peu de chose
près, au tout début du coup de froid du nouveau dryas, lequel est
intervenu, il convient de le souligner, alors que le climat était en
train… de se réchauffer !
Il faut savoir que ces nanodiamants,
d'aspect le plus souvent sphérique pour une taille comprise entre 2 et
300 nanomètres (ou milliardièmes de mètre), ne peuvent se former qu'à
des niveaux de températures et de pressions très élevés jamais atteints
à la surface de la Terre. Or, ces conditions extrêmes sont justement
réunies lorsqu'une comète ou une météorite entre en contact avec le sol
ou l'atmosphère terrestre. En outre, comme le souligne Douglas Kenneth,
ces minuscules particules ont été «retrouvées uniquement dans la couche
correspondant à la limite du nouveau dryas : il n'y en avait ni
au-dessus ni en dessous».
Pour les auteurs, le scénario le plus
probable est celui d'une pluie ou d'un «essaim» de comètes ou de
météorites carbonées, un événement rare, comparable aux explosions
multiples associées à l'impact de Tunguska, survenu en Sibérie en 1908.
Selon eux, ce cataclysme a probablement entraîné la fin ou la dispersion des hommes de la culture dite de Clovis.
Ces
populations de chasseurs-cueilleurs ont été dénommées ainsi après la
découverte en 1932, près de la petite ville de Clovis dans le
Nouveau-Mexique (États-Unis), des restes d'un mammouth tué à l'aide de
lances dotées de pointes en pierre taillée selon une technique bien
particulière proche du solutréen. Les «Clovis» seraient arrivés d'Asie,
il y a 14 000 ans, par le détroit de Béring, alors à sec, le niveau de
la mer étant 100 m plus bas qu'aujourd'hui. Des centaines d'autres
sites attestant de leur présence furent trouvés tout au long du
XXe siècle aux États-Unis, au Canada et jusqu'au Panama.
Ils
furent longtemps considérés comme les plus anciens habitants du Nouveau
Monde et les ancêtres de toutes les civilisations précolombiennes.
Mais
la découverte de sites préhistoriques plus anciens, remontant pour
certains à plus de 50 000 ans, sur l'ensemble du continent américain a
remis en cause ce «dogme» encore solidement ancré.
Depuis plusieurs mois, la crise financière a focalisé l'attention
sur les traders. Accusés d'avoir mis l'économie mondiale à terre en
prenant des positions extrêmement risquées sur les marchés financiers,
ils n'intéressent pas que les médias. Les chercheurs, anthropologues ou
spécialistes des neurosciences s'efforcent eux aussi de comprendre qui
sont ces jeunes et brillants cerveaux.
Une étude est publiée
mardi dans les Comptes rendus de l'académie nationale des sciences
américaine (Pnas). Elle révèle que les traders les plus performants de
la City de Londres, ceux qui font les placements les plus rentables,
ont une caractéristique commune pour le moins surprenante : leur
annulaire est beaucoup plus long que leur index.
Ce n'est pas
une blague. C'est le résultat d'un travail conduit sur 49 traders de la
City. Et pas n'importe lesquels, ceux qui sont soumis à un stress
maximum et doivent prendre des positions instantanées sur les marchés
boursiers. Des superprédateurs en quelque sorte, capables de prendre
une décision en quelques secondes tout en intégrant de multiples
paramètres. Avant la crise, certains d'entre eux gagnaient jusqu'à plus
de 5 millions d'euros par an.
John Coates et son équipe de
l'université de Cambridge ont demandé à ces petits génies de la finance
de leur envoyer l'empreinte de leur main droite sur une feuille. En
analysant leurs résultats financiers, ils se sont aperçus que ceux qui
ont l'annulaire le plus long par rapport à l'index sont ceux qui ont
les meilleures performances et cela sur une longue période. Autrement
dit, la différence de longueur entre les deux doigts, ce qu'on appelle
en anglais le digit ratio, est une caractéristique biologique des bons
traders.
Plus de testostérone
John Coates a
été le premier surpris de ce constat. Lui qui a été trader aux
États-Unis jusqu'en 2001 a entamé cette étude par simple curiosité.
«Elle n'a rien coûté», souligne-t-il. En avril dernier, il avait déjà
montré à l'aide d'un simple test salivaire que la testostérone est le
carburant de ces financiers. Cette hormone masculine produite par les
testicules favorise, en effet, la concentration et la prise de risque.
Les sportifs de haut niveau ont eux aussi des taux plus élevés de
testostérone que la moyenne de la population.
Mais cette hormone
masculine est aussi produite au cours des premiers mois de la
gestation. Et les fœtus mâles qui en reçoivent plus au cours de leur
développement ont tendance à avoir un annulaire plus long que la
normale. Chez les femmes, c'est l'inverse qui se rencontre le plus
souvent. John Coates se montre toutefois très prudent. D'abord, l'étude
ne se rapporte qu'à une catégorie de traders. Les banques auraient donc
tort de demander à leurs futures recrues de joindre à leur CV une photo
de leur main droite. Il précise aussi qu'à l'avenir les qualités
demandées aux traders ne seront sans doute pas les mêmes
qu'aujourd'hui. «Les marchés financiers ne sont pas un phénomène
naturel. Ils fonctionnent selon les règles qu'on leur donne.»
Alphonse Allais disait malicieusement que si la Méditerranée ne
débordait pas, en dépit des grands fleuves qui s'y jettent, c'est que
la providence avait prévu cette catastrophe et avait mis des éponges
dans la mer. Il semble que les éponges marines aient commencé à être
exploitées par les Crétois qui deux siècles avant J.-C. les ramassaient
sur les plages.
On a aujourd'hui recensé plusieurs milliers d'espèces d'éponges et
on sait qu'elles occupent tous les milieux aquatiques, eau douce et eau
de mer, depuis les profondeurs abyssales jusqu'aux zones de surface et
sous tous les climats. Elles existent depuis au moins 600 millions
d'années et ont des propriétés extraordinaires.
Longtemps, on a pensé que les éponges étaient des plantes. La
diversité de leurs formes les fait ressembler à des bosquets, des tas
de branches ou même des arbustes. Mais, en fait, ce sont bel et bien
des animaux. Parmi les plus primitifs peut-être, mais ce sont bien des
animaux pluricellulaires. Les éponges peuvent être très petites ou très
grosses, de quelques millimètres à plusieurs mètres. Elles offrent
également une grande diversité de couleur, du gris au brun en passant
par le bleu, le vert ou le jaune.
Elles n'ont pas vraiment de tissus différenciés et n'ont pas
d'organes, bouche, yeux, cœur, foie, etc., à proprement parler. Elles
ne possèdent pas non plus de système nerveux ou hormonal mais ont
néanmoins quelques cellules nerveuses dispersées dans leur enveloppe.
Une éponge peut être comparée dans sa forme la plus simple à un sac
percé d'une multitude de petits trous avec une ouverture à l'une de ses
extrémités. Le sac est constitué principalement de deux couches de
cellules. La couche externe joue le rôle de peau. L'autre couche,
interne, est formée de cellules munies d'un flagelle, une espèce de
petit fouet que la cellule peut agiter. Entre ces deux couches, on
trouve comme une gelée dans laquelle baignent d'autres cellules, comme
celles capables de fabriquer les spicules qui formeront le squelette de
l'éponge. Ce dernier peut être en calcaire, en silice ou en protéine.
La protéine utilisée par certaines éponges pour édifier leur squelette
s'appelle la spongine. Il s'agit d'une protéine soufrée et iodée,
semblable au collagène : une molécule qui donne résistance et
élasticité à notre peau.
Chez l'éponge, alimentation et respiration sont liées. En agitant
leurs flagelles, les cellules de la couche interne de l'éponge vont
créer un courant permanent d'eau, de l'extérieur de l'animal vers
l'intérieur avant de la faire ressortir. Et les cellules qui baignent
dans ce flux vont prélever directement au passage les nutriments et
l'oxygène dont elles ont besoin. Pour favoriser ces échanges, le
squelette joue un double rôle, physique et biochimique, en créant des
milliers de petites poches hydrophiles, c'est-à-dire qu'elles ont la
capacité d'absorber l'eau. Elles gonflent alors et acquièrent
élasticité et douceur.
Certaines peuvent vivre jusqu'à plusieurs milliers d'années
C'est là le secret de l'utilisation humaine de l'éponge. C'est pour
cela qu'elle éponge. Bien sûr, une éponge tout juste sortie de l'eau
n'éponge rien. Elle est souvent grisâtre et dégage une odeur forte. Il
faut donc la rincer abondamment pour éliminer toutes les substances
organiques. Il faut ensuite la stériliser et la blanchir. Et elle peut
alors finir dans nos salles de bain.
En l'utilisant, pensez que des études ont montré que certaines
pouvaient vivre à de très grands âges, jusqu'à plusieurs milliers
d'années. Ce qui en ferait les animaux, et les êtres vivants, possédant
la plus grande longévité au monde. Un argument sans doute insuffisant
pour souhaiter être réincarné en éponge.
Cette récente photo apportée par le Dr David Beckford de l'Université
nationale de Singapour et prise sur l'île de Borneo en 2007, nous
montre une nouvelle espèce de grenouille d'Indonésie qui ne respire pas
par les poumons. En effet, cet amphibien peut respirer complètement par
la peau. Il s'agit de l'une des premières espèces à avoir évolué de la
sorte. Bornéo présente une biodiversité qui recense de nouvelles
découvertes d'espèces animales et végétales chaque année.
Cette image date du 2 juin 2007 et montre une espèce inconnue de
poisson arc-en-ciel, découverte par deux scientifiques en Papouasie
indonésienne. Le scientifique français Laurent Pouyaud , immergé
jusqu'à la taille et les yeux remplis de moustiques, a élaboré une
perche électrique comme prototype pour attraper les poissons
insaisissables. Mais après s'être pris quelques décharges électriques,
il a choisi d'utiliser un filet qu'il déploie sur l'eau.
Faut-il, dans le cadre de la surveillance systématique de la
grossesse, envoyer toutes les femmes enceintes vivre quelques semaines
dans une ferme à la campagne pour prévenir les allergies et l'asthme,
en particulier chez leur futur bébé ? C'est la question que l'on peut
se poser à la lecture d'une enquête étonnante publiée cette semaine
dans l'European Respiratory Journal et qui conclut que les
enfants dont les mères ont vécu au contact des animaux de ferme pendant
leur grossesse ont moitié moins de risque de souffrir d'eczéma et
d'asthme que ceux dont la maman est restée en zone urbaine pendant la
gestation. Si les conclusions pratiques à tirer d'une telle enquête
restent à méditer car la vie à la ferme peut aussi augmenter le risque
de certaines infections, ce travail conforte l'hypothèse suggérée, avec
beaucoup de prudence, que l'excès d'hygiène pourrait être un facteur de
risque d'allergie.
Les chercheurs de l'université de Massey se
sont penchés sur les troubles allergiques de 1 377 enfants âgés de 5 à
17 ans dont la mère vivait dans une ferme pendant la grossesse et les
ont comparés à ceux de 566 enfants de même âge dont les parents
vivaient en ville. Ils concluent que les enfants exposés in utero à
l'environnement d'une ferme ont 50 % de risque en moins de souffrir
d'asthme ou d'eczéma. L'étude fait apparaître également que le risque
est d'autant plus faible que l'enfant continue à vivre au contact
d'animaux domestiques. Il y a quelques années, des chercheurs français
de l'Inserm (unité 408), associés avec des médecins du King's College à
Londres avaient mis en évidence sur une population de plus de 6 000
personnes que le fait d'avoir vécu dans une ferme pendant l'enfance
était un facteur très nettement protecteur contre l'allergie en général
et l'asthme en particulier.
Pourquoi un contact précoce avec les
animaux d'une ferme réduirait-il le risque d'allergie ? La réponse
n'est pas claire. La vie à la campagne augmenterait les possibilités de
contact avec certaines bactéries animales, à travers la consommation de
lait non pasteurisé ou encore lors de contact direct. Ce contact
précoce inhiberait le développement de certaines cellules immunitaires
responsable de différentes manifestations allergiques.
L'excès d'hygiène, facteur de risque
Le
nombre d'enfants asthmatiques ou atteints d'eczéma aurait beaucoup
augmenté au cours des deux dernières décennies dans tous les pays
industrialisés, et semble se stabiliser actuellement. Aucun facteur
précis pour expliquer ce phénomène n'a pu être clairement identifié.
Ont été mis en cause la pollution automobile comme la pollution
intérieure des appartements, l'excès de vaccination, l'introduction
trop précoce de certains nutriments dans l'alimentation, l'insuffisance
de l'allaitement maternel et même l'excès de traitements antibiotiques,
voire d'hygiène.
L'effet préventif de la vie à la ferme dès
l'exposition in utero est intéressant, car il conforte l'hypothèse
décriée et a priori choquante que l'excès d'hygiène puisse être un
facteur de risque. «Cette étude ne doit pas pour autant inciter les
femmes enceintes à aller s'installer dans une ferme au contact
d'animaux domestiques, estiment les auteurs. Certaines bactéries
responsables de fausses couches chez les animaux peuvent se transmettre
aux humains et provoquer les mêmes complications. De même certaines
déjections animales peuvent présenter des risques pour les femmes
enceintes.»
Il y a quelques mois, des statisticiens calculaient
que, pour la première fois, la population mondiale était
majoritairement urbaine et non plus rurale. Reste à savoir si cette
évolution démographique va contribuer à un essor des maladies
allergiques ou non.
Les femmes soumises à un stress particulièrement violent durant les
premiers mois de leur grossesse auraient plus de risques donner
naissance à des enfants qui deviendront plus tard schizophrènes, selon
une enquête publiée récemment dans BioMed Central Psychiatry. «Le type
de stress en question est du genre de ceux que l'on subit lors d'un
désastre naturel, une attaque terroriste, un ouragan ou un deuil
soudain», précise l'auteur principal de l'étude, le Dr Dolores
Malaspina, du département de psychiatrie de l'Université de médecine
de New York, ajoutant qu'«un stress durant la vie intra-utérine peut
affecter le développement neurodéveloppemental du fœtus comme l'ont
déjà bien montré des études expérimentales chez l'animal».
Bien
des hypothèses ont été formulées sur l'origine de cette dramatique
psychose survenant à l'adolescence ou au début de la vie adulte et qui
risque de gravement perturber l'existence des jeunes gens concernés et
de leur famille. Caractérisée par des hallucinations, un délire, des
angoisses une désorganisation du discours et de la pensée, elle est
associée à une perte de la vie affective et émotionnelle.
De
très nombreux facteurs ont été incriminés pour expliquer l'apparition
de ces troubles qui touchent 1 % de la population. En particulier la
migration des neurones impliqués dans le fonctionnement des régions
cérébrales associatives : une vulnérabilité génétique, d'éventuelles
complications pré ou périnatales (infection par le virus de la grippe
durant la grossesse, etc.) et des facteurs psychosociaux.
Dans
cette étude, Dolores Malaspina s'est penchée sur des observations
concernant la population israélienne durant la guerre éclair des
Six-Jours, en juin 1967. Son équipe a examiné les données médicales de
89 000 personnes nées à Jérusalem entre 1964 et 1976.
Les filles plus vulnérables
Sur
cette période, 637 cas de schizophrénie ont été recensés, d'après le
registre national de psychiatrie de l'État d'Israël. «Les enfants nés
de femmes qui étaient alors au deuxième mois de leur grossesse en juin
1967 ont développé un plus grand nombre de pathologies
schizophréniques», ont mis en évidence les chercheurs, qui pointent
«une fenêtre relativement étroite de vulnérabilité au deuxième mois de
grossesse».
Autre caractéristique à souligner, celle d'une
nette différence d'impact de ce stress maternel entre les garçons et
les filles. Le risque de développer une telle psychose était de 4,3
pour les fœtus féminins qui étaient alors dans le deuxième mois de vie
intra-utérine durant le conflit contre 1,2 pour les fœtus masculins.
Ces
résultats s'ajoutent à d'autres observations qui avaient déjà mis
l'accent sur le rôle majeur d'un stress prénatal. Ainsi Van Os et
Selten avaient montré en 1998 que l'invasion et l'effondrement brutal
des Pays-Bas lors de l'offensive allemande de 1940 avaient réalisé les
conditions d'un stress aigu et massif de toute une population. Avec,
une vingtaine d'années plus tard, une augmentation de cas de
schizophrénie chez ceux dont les mères avaient subi un tel choc.
Tout le monde en a fait l'expérience. Même en s'approchant à pas de
loup d'une mouche posée sur une table, en choisissant de se placer dans
son dos, de rapprocher sa main tout doucement de l'insecte avant, d'un
geste le plus vif possible, de tenter de le saisir au creux de sa main,
l'animal, s'il n'est pas malade ou drogué, s'échappera. Peut-être
certaines personnes, plus douées que d'autres, réussissent-elles
régulièrement ce petit exploit mais, même avec une tapette, la mouche
est très difficile à attraper. En fait, ce n'est pas étonnant. Elle est
spécialement conçue pour cela.
De grands auteurs de la
littérature ont célébré cette petite merveille de la nature dès
l'Antiquité. D'ailleurs, pourquoi dirait-on «être une fine mouche» si
la bête en question n'y avait pas quelque mérite ? Elle est en tout cas
l'une des stars incontestées des laboratoires scientifiques. La
drosophile (Drosophila melanogaster, qui signifie «amateur de rosée au
ventre noir»), également appelée mouche du vinaigre, est l'animal
modèle des généticiens. D'innombrables découvertes en génétique et en
biologie du développement doivent leur survenue à ce petit (2,5 mm)
diptère.
Et ses richesses sont apparemment inépuisables,
puisqu'elle est aussi devenue l'un des modèles des bio-roboticiens. Les
mouches sont en effet dotées d'une «mécanique» de toute beauté. Avec
des performances dignes, à la fois des as du manche à balai, les
pilotes de haute voltige, et des as de la gymnastique.
C'est
pourquoi de nombreux laboratoires, de part le monde, travaillent à
«disséquer» ses réactions. Ainsi, dans un laboratoire du CNRS à
Marseille, un micro-hélicoptère autonome a été conçu en s'inspirant de
la façon dont la mouche coordonne sa vision et sa locomotion. Au Cal
Tech, l'Institut de technologie de Californie, des chercheurs ont
réussi à observer, avec une précision jamais égalée, la manœuvre
d'évitement d'une mouche que l'on cherche à attraper. Pour cela, ils
ont utilisé une caméra ultrarapide qui prend 5 400 images par seconde.
Ce qui leur a permis de voir au millième de seconde près ce que fait
l'insecte.
Les chercheurs californiens ont notamment constaté
que le cerveau de la mouche, pour tout petit qu'il soit, semble
calculer en permanence des itinéraires de fuite. Les quelque 50 000
cellules photoréceptrices de ses yeux à facettes, qui voient à 360°,
donc aussi derrière elle, sont «connectées», via le cerveau, à 18
paires de muscles moteurs qui contrôlent les ailes, ainsi qu'aux trois
paires de pattes de l'insecte.
Lorsque la mouche est posée, tous
ses sens en éveil, elle rectifie constamment sa position au sol via ses
pattes. Lorsqu'un danger apparaît, la mouche modifie pratiquement
instantanément la position de ses pattes pour préparer un évitement.
Ainsi, elle va par exemple positionner ses pattes du milieu pour avoir
la meilleure détente possible.
Dans ce cas de figure, le danger
arrive face à elle. En 200 millisecondes, l'insecte va repositionner
son corps, d'une grosse poussée de ses pattes. Puis, il va se projeter
en l'air en effectuant un saut périlleux arrière en même temps que ses
ailes vont entrer en action. Ce qui lui permet d'effectuer un
demi-tonneau pour se remettre le ventre en bas puis de se propulser en
avant, loin du danger.
Vol stationnaire
Si les
acrobaties de la mouche sont possibles, c'est qu'elle possède un
système de propulsion remarquable. La mouche, comme tous les diptères,
ne possède qu'une seule paire d'ailes, contrairement à d'autres
insectes qui en ont deux. Les vestiges de cette paire postérieure sont
appelés «haltères» à cause de leur forme. Elles servent de balanciers
et ainsi de véritable gyroscope à la mouche. Ses ailes sont des
surfaces membraneuses fines parcourues de nervures. Elles sont capables
de battre des centaines de fois par seconde (entre 200 et 1 000) grâce
à un système musculaire et fibreux sophistiqué impliquant le thorax. La
mouche peut ainsi voler en zigzag, s'arrêter brusquement, faire du vol
stationnaire (ce qu'elle n'aime pas beaucoup par sécurité) ou même
voler à reculons. Elle se sert également de ses antennes pour mesurer
la vitesse du vent ou la vitesse de son vol. Plus la mouche va vite,
plus ses antennes se plient vers l'arrière et des détecteurs situés à
leurs bases envoient ces informations au cerveau.
Pour attraper,
ou plus simplement écraser une mouche, il faut donc être plus malin
qu'elle. Rien ne sert de viser l'endroit où elle est posée, mais, en
choisissant son angle d'attaque, il faut viser directement une dizaine
de centimètres à côté en anticipant son saut et son envol. Et si cela
ne réussit pas, il ne faut pas «prendre la mouche» mais recommencer.
Et si notre sensibilité politique n'était pas le fruit de notre
libre arbitre ou de notre environnement familial mais de notre
propension à avoir peur, à être stressé ? C'est ce que suggère une très
sérieuse étude (1) publiée jeudi aux Etats-Unis dans la revue Science.
Les chercheurs de plusieurs universités américaines ont fait passer un
test à 46 personnes politiquement motivées qu'ils ont fait réagir à un
bruit soudain et à des images inquiétantes : une araignée sur le visage
d'une personne affolée, une plaie couverte d'asticots et une figure en
sang.
Ils ont ensuite mesuré leurs réactions physiques «de peur»
telles que le clignement des yeux et la transpiration, avant de
recouper ces reflexes avec les positions politiques des cobayes. Les
personnes aux positions les plus conservatrices qui se déclarent en
faveur de la peine de mort, du patriotisme, de la guerre en Irak, des
dépenses militaires ont été davantage effrayées par les images. Leurs
réactions physiques à ces stimuli menaçants sont nettement plus fortes
que celles des citoyens se disant proches des valeurs de la gauche
américaine et pour le pacifisme, le contrôle des armes, le droit à
l'avortement, et le mariage homosexuel. Kevin Smith, un des auteurs de
l'étude, estime que les sujets conservateurs sont plus sensibles aux
menaces qui surgissent dans leur environnement proche, et ont tendance
à plébisciter les politiques qui protègent l'ordre social.
L'ADN influence-t-il nos choix politiques ?
Les
résultats de cette étude sous-entendent que la sensibilité politique
est liée à certaines réactions physiologiques, présentes dans notre
corps dès notre naissance, et donc à notre ADN, estiment les auteurs de
l'article. Ces scientifiques spéculent que des gènes influencent
l'activité neuronale régulant le fonctionnement de l'amygdale, la zone
du cerveau qui nous avertit de la présence d'un danger dans notre
environnement et déclenche une réaction de peur puis de fuite et de
lutte. «Nous ne clamons pas avoir trouvé un lien définitif de cause à
effet mais il existe une corrélation entre la biologie et les opinions
politiques», résume Kevin Smith.
«Cette étude a découvert le
chainon manquant entre les gênes et notre cerveau d'une part et notre
tempérament et nos convictions politiques, d'autre part » s'est réjoui
James Fowler, un scientifique de l'université de Californie. Fowler n'a
pas participé à l'étude que publie Science, mais en mai dernier son
équipe avait trouvé une variante du gêne MAOA dont les porteurs sont
plus susceptibles d'aller voter que les personnes qui possédaient une
autre variation de ce gêne. Toutefois, d'autres scientifiques tels que
Jon Krosnick qui enseigne la science politique à Stanford, dénoncent la
méthodologie insuffisante de l'étude. «Il est impossible d'obtenir des
conclusions fiables avec un tel échantillon : les personnes interrogées
sont pour la plupart d'origine blanche et viennent de la même petite
ville de Lincoln, en plein Midwest, au Nebraska», regrette-t-il.
(1)
L'étude a été menée par des chercheurs des universités Rice au Texas,
Nebraska-Lincoln, de l'Illinois et par le Virginia Institute for
Psychiatric and Behavioral Genetics
"Statistiquement, par exemple, gays et lesbiennes ont environ
50% plus de chances d'être gauchers ou ambidextres que les hétéros,
hommes ou femmes. La longueur relative de nos doigts est un autre
indice : l'index de la plupart des hommes hétéros est plus court que
leur annulaire, alors que les femmes ont des doigts de même longueur,
ou l'index plus long que l'annulaire. Certains chercheurs ont remarqué
que les gays ont, en général, les mêmes résultats que les femmes
hétéros, et une étude sur des lesbiennes "butch" montrent des résultats
proches de ceux des hommes. Une étude réalisée à l'aide
d'enregistrements audio de gays et hétéros conclut que 75% des gays
étaient reconnaissables par leur voix, selon la majorité du public."
Bizarrement, rien n'explique ce qui rend les doigts plus courts ou plus
longs selon notre sexualité, et personne ne pouvait expliquer comment
il reconnaissait la voix d'un gay. Toujours selon l'article, les gays
ont également de plus gros et plus longs sexes
que les hétéros. Et de continuer ainsi sur plusieurs pages à expliquer
ce qui différencie physiquement les gays des hétéros. Les chercheurs à
l'origine des nombreuses études citées semblent toujours sur la piste
du fameux gène gay, comme les alchimistes cherchaient auparavant la
pierre philosophale. De quoi justifier le point de vue de notre président
bien-aimé, selon lequel l'homosexualité pourrait être génétique, au
même titre que la pédophilie (gloups...). Ce serait peut-être mieux si
les choses étaient si simples, mais je crois que la nature est une
donnée essentiellement complexe, et qu'on ne peut pas expliquer une
préférence sexuelle par la longueur des doigts ou du sexe. Ou pire, par
un simple gène.
L'Institut français de recherche en odontologie (Ifro) a consacré,
lundi, un colloque aux cellules souches et à leur future utilisation
pour créer une «dent biologique» ou plus simplement pour régénérer les
tissus dentaires. Le jour où l'on sera capable de fabriquer, par ce
biais, une dent complète, vivante, vascularisée, et connectée par un
nerf au système nerveux central, cette médecine régénérative
odontologique reléguera au musée les actuels implants, bridges et
autres appareils dentaires.
«Si l'on veut créer une dent ex
nihilo , estime le Dr Henry Magloire, de l'Institut de génomique
fonctionnelle de Lyon (CNRS-Inserm), il faut mimer toutes les étapes du
développement embryonnaire d'une dent. Donc, il faut créer la pulpe, la
dentine, l'émail, le parodonte, la forme exacte de la dent.»
Plus
modestement, les cellules souches pourraient servir à réparer la
dentine (cette substance dure, véritable armature de la dent) et à
faciliter la cicatrisation des plaies de la pulpe, consécutives à un
traumatisme, par exemple.
Certes, aujourd'hui, on est capable,
chez le rongeur, de réaliser une dent complète, à partir des cellules
souches contenues dans la pulpe des dents. On trouve, dans cette
dernière, des cellules souches capables de se différencier, sous
l'effet de molécules de signalisation, en odontoblastes (cellules
fabriquant la dentine) et en améloblastes (produisant l'émail). La
pulpe dentaire recèle également d'autres cellules souches, comme celles
du follicule dentaire, à l'origine de l'indispensable ligament
parodontal qui les lie à l'os de la gencive. Une fois dissociées les
unes des autres, ces différentes cellules souches sont mises en
culture, puis injectées en un cocktail dans un support en forme de
dent. Elles ne sont transplantées qu'après avoir atteint une certaine
taille.
Mais les cellules souches dentaires ont des limites: un
énorme travail de préparation est nécessaire pour en obtenir en nombre
suffisant. Et puis, obstacle infranchissable chez l'homme, la formation
de l'émail s'arrête après la pousse des dents de lait (les dents
définitives sont déjà prêtes avec leur émail dans la mâchoire). En
outre, aucune cellule souche dentaire humaine ne semble en mesure en
2008 de fabriquer de l'émail mature!
«Pour l'instant, on ne
contrôle ni la forme, ni la taille, ni la couleur, ni le risque de
rejet d'une dent biologique, conclut Henry Magloire.On ne sait pas non
plus guider la dent, maîtriser l'éruption dans la mâchoire, ou stopper
la pousse quand la dent est en position occlusale ( au contact de la
dent opposée, NDLR).»
Reproduction in vitro
Loin
d'être rebutés par ces obstacles, une poignée de chercheurs français
mais aussi britanniques et américains travaillent d'arrache-pied pour
mieux comprendre la biologie du développement de la dent. Dans
l'embryon humain (entre la 6e et la 7e semaine de vie intra-utérine),
les dents naissent des cellules mésenchymateuses, qui migrent du
mésoderme, l'un des trois feuillets cellulaires primaires d'où
proviennent tous les tissus et organes. L'architecture de la future
dent, la direction de pousse des racines, la vascularisation et les
connections nerveuses sont contenues dans «le nœud de l'émail», le
bourgeon initial de la dent. Connaître toutes les étapes d'apparition
des cellules de ce minuscule bourgeon est indispensable pour pouvoir
ensuite le reproduire in vitro.
Plus récemment, les chercheurs
ont pensé faire appel aux cellules souches de la moelle osseuse, que
l'on sait facilement isoler, multiplier en culture, dont on peut faire
des lignées cellulaires stables, diriger la différenciation pour faire
des cellules dentaires, qui pourront enfin construire une dent
biologique. Ce serait plus pratique, plus rapide et d'un meilleur
rendement que d'utiliser les banques de dents de lait!
Mais le
Pr Michel Goldberg, président de l'Ifro, s'est demandé lors du colloque
s'il n'y avait pas également une autre solution que l'utilisation des
cellules souches pour la réparation pulpaire ou la régénération des
tissus dentaires. Au fond, toutes ces cellules souches ont pour rôle de
secréter des substances qui ordonnent la fabrication des constituants
de la dent. Pourquoi ne pas dès lors se passer d'elles et implanter
directement les molécules elles-mêmes qui minéralisent et forment la
dentine de réparation? Il faudrait un cocktail de molécules de
structure, des protéines d'adhésion et des molécules de signalisation
qui activent la cascade de synthèse des éléments de la matrice
dentinaire. Une première expérience d'implantation de ces molécules
dans la pulpe de dents de rats a d'ores et déjà permis l'obtention
d'une dentine de réparation fonctionnelle. Autre avantage de la
méthode: on peut faire fabriquer par des bactéries, dans des
fermenteurs industriels, ces molécules humaines en grande quantité.
La pilule contraceptive, que prennent
des millions de femmes dans le monde, pourrait altérer leur capacité
innée à sentir le partenaire génétiquement compatible, selon une
nouvelle étude britannique.
Instinctivement, les femmes seraient
attirées par le biais de l'odorat vers des hommes génétiquement
différents afin d'assurer la diversité biologique favorable à l'espèce,
expliquent les chercheurs de l'Université de Liverpool dont les travaux
sont publiés mercredi dans les comptes rendus de la Société Royale
britannique (Proceedings of The Royal Society B: Biological Sciences).
Or,
selon les résultats de cette nouvelle étude, "les préférences de celles
qui commencent à utiliser la pilule contraceptive vont vers les hommes
dont les odeurs sont génétiquement similaires", selon le principal
auteur, Craig Roberts.
L'équipe de Craig Roberts a conduit cette
expérimentation auprès d'une centaine de femmes auxquelles il a été
demandé d'indiquer leurs préférences concernant des échantillons
d'odeurs mâles provenant de 97 volontaires, avant et après avoir
commencé d'utiliser la pilule.
Tous les parfums de la vie
quotidienne (lessives parfumées, déodorants, eau de toilette, etc.)
ainsi que la fumée de cigarette ont été évités afin de ne pas perturber
le bon déroulé de l'expérience.
Ainsi préservées de tout parfum
pouvant interférer, les femmes étaient plus à même de sentir leurs
partenaires : les gènes du complexe majeur d'histocompatibilité
(CMH/MHC), impliqué dans les réactions immunitaires, jouent en effet
également un rôle dans les odeurs dégagées par l'homme, par
l'intermédiaire des bactéries de la peau.
Le fait que les femmes
utilisant la pilule aillent plutôt vers des hommes génétiquement
similaires pose deux problèmes, avance le chercheur : "Non seulement la
similitude génétique (sur le plan du CMH/MCH) des couples pourrait
conduire à des problèmes de fertilité", mais cela pourrait aboutir
également à la rupture de la relation chez les femmes qui cessent
d'utiliser la pilule, étant donné le rôle significatif de l'odorat dans
le maintien de l'attraction entre partenaires.
Le cinéaste américain Eric Brevig fait revivre l'esprit de Jules
Verne en s'appuyant sur la technologie du numérique et sur un récit
bien mené. Le scientifique Trevor Anderson (Brendan Fraser) accompagné
de son neveu (Josh Hutcherson) et d'une guide (Anita Briem), se
retrouve bloqué dans les entrailles de la Terre. Ils vont découvrir un
monde fascinant et inquiétant… Scènes d'action parfaitement dosées :
passage d'un gué au-dessus d'un précipice, sur des pierres en
apesanteur, océan peuplé de piranhas et autres monstres marins prêts à
vous dévorer, jungle remplie de plantes carnivores, dinosaure qui crève
l'écran et vous saute au visage…
Bien installé dans son
fauteuil, malgré les lunettes spéciales un peu lourdes, on frémit, on
sursaute, on est de cette aventure à couper le souffle qui ouvre la
voie à un nouvel âge d'or, à une nouvelle génération de films en 3D
plus aboutis et très efficaces. Ce Voyage au centre de la Terre est une
véritable révolution technologique même si le cinéma en relief n'est
pas une nouveauté. Dès 1935, Louis Lumière élaborait un procédé avec
des lunettes à verre coloré. Dans les années 1950, John Wayne avait été
à la fois acteur et producteur du premier western en relief, Hondo,
l'homme du désert, de John Farrow. Alfred Hitchcock, également curieux
de la troisième dimension, utilise le système de relief Polaroïd pour
Le crime était presque parfait et se confiait à ce sujet dans des
entretiens avec François Truffaut : « L'impression de relief était
donnée surtout dans les prises de vue en contre-plongée, j'avais fait
aménager une fosse pour que la caméra soit souvent au niveau du
plancher ». Mais l'engouement pour le cinémascope a vite balayé ces
innovations.
Des nouveaux effets spéciaux
C'est
l'arrivée du numérique qui, aujourd'hui, a changé la donne.
« Récemment, on a pu voir des documentaires musicaux en 3D comme Hannah
Montana mais cela n'a rien de comparable avec la fiction que j'ai
réalisée », explique Eric Brevig.
Le roman de Jules Verne était
pour lui un terrain de jeu idéal. Le cinéaste est en effet un as des
effets visuels, oscarisé en 1990 pour son travail sur Total Recall, de
Paul Verhoeven. « Pionnier dans ce domaine, je voulais montrer avec
Voyage au centre de la Terre ce dont j'étais capable », résume celui
qui a déjà conçu des courts-métrages en 3D pour les parcs d'attraction
Disney. Eric Brevig est surtout ami de longue date de James Cameron qui
termine Avatar, une superproduction en 3D, à 200 millions d'euros. Il a
pu profiter du Fusion System, un système de caméra inventé par le
réalisateur de Titanic. « Il s'agit d'un couple de caméras vidéo haute
définition dont les objectifs sont disposés côte à côte. Elles
enregistrent simultanément deux scènes identiques pour simuler l'œil
droit et l'œil gauche du spectateur. Avant cette innovation, les
caméras 3D, trop encombrantes, n'étaient pas maniables. Elles ne
permettaient pas de filmer au plus près les acteurs ou même de changer
de focale en cours de prise de vues. Avec ce nouveau moyen, on revient
finalement à une grammaire classique du cinéma. Le plus difficile en
somme ce ne sont pas les effets spéciaux ou la 3D, mais de raconter une
histoire. »
Ce n'est pas Brendan Fraser qui le contredira.
L'acteur, devenu « banckable » depuis le succès planétaire de La Momie
1 et 2 (800 millions de dollars de recette dans le monde) et qui
revient le 6 août dans le troisième épisode de la saga, a tenu à faire
partie de l'odyssée de Voyage au centre de la Terre à condition d'en
être également le producteur exécutif. « Cela m'a donné la possibilité
de remanier le scénario originel. La relation entre les trois
personnages ne fonctionnait pas. J'ai trouvé la solution en me
plongeant dans le livre que je n'avais jamais lu enfant. » Et de se
dire « très fier du résultat ». « La star du film ce n'est pas moi,
c'est cette expérience unique que vous allez vivre en salle et qui
donne du relief au cinéma ! »
Où voir le film en relief ?
Paris (Gaumont Champs-Élysées, MK2 Bibliothèque)
Ile-de-France (Épinay-sur-Seine, Mantes, Torcy, Évry, Villeneuve-la-Garenne, Gaumont Disney à Marne-la-Vallée)
Jusqu'à présent étoile du tennis mondial, Rafael Nadal est devenu un
astéroïde de 4 kilomètres de diamètre situé entre Mars et Jupiter,
a-t-on appris samedi auprès de l'Observatoire astronomique de Majorque.
Cet
observatoire, situé aux îles Baléares (est de l'Espagne) d'où est
originaire Nadal, a décidé de baptiser du nom du récent vainqueur de
Wimbledon l'astéroïde numéro 128036 qu'il avait découvert en 2003, a
indiqué à l'AFP son porte-parole.
Les astronomes de Majorque ont
ainsi voulu rendre hommage à "l'un des meilleurs tennismen de tous les
temps" en donnant son nom à un astre qui se déplace à la vitesse de 20
kilomètres par seconde.
ndrl : on a encore quelques années avant de voir d'autres astéroides du nom d'Amélie Mauresmo, quoique n'appelons jamais un astéroide jean Alesi, il serait celui qui serait capable de percuter la terre !
Des millions de manuels scolaires et d'ouvrages de vulgarisation
scientifique vont devoir être corrigés ou mis au pilon. Contrairement à
ce que les astronomes croyaient depuis des décennies, il se révèle en
effet que la forme de notre système solaire n'est pas ronde mais ovale.
«On
pensait que tout était symétrique et simple. En fait, c'est comme si
une main poussait sur un bord du système solaire», a déclaré Leonard
Burgala, chercheur au Goddard Space Flight Center de la Nasa, après les
révélations issues des données transmises par la sonde américaine
Voyager 2, qui se trouve actuellement aux confins du système solaire, à
un peu plus de 12 heures-lumière de la Terre (environ 12,5 milliards de
kilomètres).
Lancé en 1977, avec son compagnon Voyager 1, pour
étudier et observer les planètes Jupiter et Saturne, ce vaisseau
s'éloigne de nous depuis trente et un ans à la vitesse de 17 kilomètres
par seconde.
L'été dernier, il a franchi le «choc terminal», là
où les vents de particules émises par le Soleil sont brutalement
ralentis par le champ magnétique interstellaire. Au-delà de cette zone
frontière, l'influence des vents solaires diminue avant de disparaître
au niveau de l'héliopause, qui marque la limite extérieure de notre
système planétaire.
Ce choc peut être comparé à la rencontre
entre le flux d'eau centrifuge d'un robinet à la surface d'un évier et
du reflux de l'eau accumulée sur ses bords, selon Randy Jokipii, un
astronome de l'université de l'Arizona (États-Unis) qui présente une série d'articles consacrés à cette découverte surprenante et publiés, jeudi, dans la revue Nature.
Une zone limite inattendue
Enveloppé
dans une gigantesque bulle appelée héliosphère, qui va bien au-delà de
l'orbite de Pluton, notre système solaire s'étend, selon M. Jokipii,
sur une distance comprise entre 130 et 150 fois la distance de la Terre
au Soleil (soit environ 20 milliards de kilomètres). La sonde Voyager 1
avait déjà franchi le «choc terminal» en décembre 2004. Mais ses
instruments nécessaires pour mesurer la vitesse, la densité et les
températures des vents solaires n'étaient plus en état de marche.
Surtout,
les astronomes de la Nasa ont eu la surprise de découvrir que les deux
engins ont atteint cette zone limite alors qu'ils se trouvaient à des
distances différentes du Soleil. Voyager 2 a franchi la lisière sud du
système solaire en étant éloigné de 12,5 milliards de kilomètres de
notre astre, soit 1,6 milliard de kilomètres de moins que son jumeau
Voyager 1 parti dans la direction opposée. Selon Ed Stone, l'un des
responsables du programme, il semble que le champ magnétique
interstellaire de la Voie lactée frappe le système solaire avec un
angle différent au sud et nord, vraisemblablement à cause de
turbulences liées à des explosions d'étoiles. Les deux sondes mettront
encore plusieurs années avant de sortir définitivement du système
solaire et poursuivre leur lointain voyage sans retour.
La diminution de la qualité du sperme associée au recul de l'âge
pour avoir un premier enfant chez les femmes vont-ils provoquer une
baisse de la fertilité des couples et à terme une diminution de la
natalité ? À cette question, l'équipe d'Henri Leridon et Rémy Slama de
l'Inserm répond, contre toute attente, par la négative. Mais elle
pointe néanmoins les risques d'une demande en hausse d'aide à la
procréation médicalement assistée liée au retard constant du moment de
la première maternité. Plus d'un couple sur cinq pourrait être bientôt
concerné contre un sur dix aujourd'hui. Avec des conséquences lourdes
pour les femmes car les fécondations assistées restent des techniques
difficiles à supporter. Avec aussi des surcoûts importants pour la
collectivité. Sans oublier les risques liés à la naissance d'enfants
parfois très prématurés. Ces résultats sont publiés dans Human
Reproduction d'avril.
Depuis une quinzaine d'années, les épidémiologistes constatent, à
partir de l'observation de la qualité du sperme des donneurs, une
détérioration de la fertilité masculine dans les pays industrialisés.
Au ban des accusés, les facteurs chimiques comme les pesticides, les
solvants et le tabac. Une précédente étude avait montré que le déclin
progressif de la concentration spermatique sur une période de
quarante-cinq ans pourrait diminuer de 15 % la fécondabilité des
couples c'est-à-dire la capacité mensuelle pour un homme de concevoir.
Déjà depuis une quinzaine d'années, il est acquis que cette baisse est
de l'ordre de 7 %.
Du côté des femmes, l'âge moyen auquel elles ont leur premier enfant
est de 28-29 ans. Alors que dans les années 1970, c'était beaucoup plus
tôt, autour de 24 ans. Dans ce contexte, les deux chercheurs de l'unité
822 consacrée à l'épidémiologie, la démographie et les sciences
sociales, ont mis au point, pour prédire l'évolution de la fertilité
humaine, un modèle de simulation du comportement reproductif en prenant
comme référence 100 000 femmes nées en 1968. Les «filles de 1968» qui
ont quarante ans aujourd'hui ont eu le désir d'avoir un enfant autour
de 25 ans et l'ont eu autour de 26 ans.
Henri Leridon et Rémy Slama ont au préalable intégré une multitude
de facteurs pour rapprocher le plus possible leur modèle de simulation
de la réalité des filles de 1968. Leur modèle a été ensuite soumis à
plusieurs contraintes : une baisse de fécondabilité de 7 %, puis de 15
% du côté des hommes et du côté des femmes un âge moyen de désir de
grossesse retardé de trente mois, voire de soixante-neuf mois (près de
six ans) par rapport à la valeur initiale de 25,1 ans des filles de
1968. «Au final, le nombre d'enfants par femme passerait de 2,00 à 1,92
si la fécondabilité diminuait de 15 %», calculent les scientifiques.
«Et il ne serait que de 1,77 si toutes les femmes reportaient leur
première tentative de grossesse de six années. L'âge moyen à la
maternité (tous rangs confondus) serait alors de 33 ans.»
«Une impatience plus forte»
«Passer de deux enfants par femme à 1,77, c'est peu au plan
démographique mais c'est beaucoup si l'on se place au niveau
individuel», commente Henri Leridon. D'autant que dans la majorité des
cas, du fait de ce retard de l'âge de la maternité il y aura un
allongement du délai pour réussir à démarrer une grossesse. «À 33 ans,
une femme met déjà plus de temps qu'à 25 ans, même si sa fertilité est
normale», explique-t-il. «Or le fait d'augmenter les délais pour
réussir à être enceinte risque de provoquer une impatience plus forte
et une demande accrue d'assistance médicale à la procréation (AMP)»,
poursuit-il.
La baisse de 15 % de la fécondabilité entraînerait de surcroît un
bond de 73 % d'éligibilité à l'AMP compte tenu de l'échec des couples à
procréer pendant plusieurs années. Et le report de six années de l'âge
de la première maternité provoquerait une hausse de près de 80 %
d'éligibilité à l'AMP. Tant et si bien que plus d'un couple sur cinq
serait concerné contre un peu plus d'un sur dix (11,6 %) aujourd'hui.
Or on sait bien que ces techniques médicalisées perdent de leur
efficacité dès 35 ans et qu'à 41 ans il est recommandé du moins en
France d'arrêter les tentatives de fécondation in vitro.
«Les jeunes couples qui retardent toujours le moment d'avoir un
enfant doivent en être avertis», insiste ce chercheur. Et termine par
une boutade : «Avant 35 ans soyez patients, après 35 ans devenez
impatients.»
Des astronomes européens ont annoncé, lundi, la découverte de trois
«super-Terres» en orbite autour d'une étoile relativement proche de
nous, et de deux autres systèmes solaires dotés de petites exoplanètes.
Ces
annonces, effectuées lors du congrès Super Earths de Nantes, suggèrent
que les exoplanètes ayant des caractéristiques voisines de celles de la
Terre sont sans doute courantes dans l'univers. «Est-ce que chaque
étoile compte des planètes et, si oui, combien ?», s'est interrogé
l'astronome suisse Michel Mayor (observatoire de Genève), l'un des
découvreurs de la première exoplanète en 1995. «Peut-être ignorons-nous
encore la réponse, mais nous progressons énormément dans cette
direction», a-t-il ajouté.
«De très proches voisines»
Le
trio de planètes découvertes gravite autour d'une étoile légèrement
moins massive que notre Soleil, à seulement 42 années-lumière de nous,
dans les constellations Doradus et Pictor. «Elles sont très près de
nous à l'échelle de la galaxie», a expliqué l'astronome. «On peut
parler de très proches voisines.» Elles sont toutes trois plus grosses
que la Terre (l'une a 4,2 fois sa masse, une autre 6,7 fois et la
troisième 9,4 fois) et tournent autour de leur étoile à des vitesses
extrêmement rapides : de quatre à vingt jours contre 365 pour la Terre.
Aucune n'est habitable du fait de leur proximité vis-à-vis de leur
étoile et de la chaleur qui règne à leur surface (jusqu'à 1 500 °C).
Mayor
et ses collègues ont eu recours au télescope Harps (High Accuracy
Radial Velocity Planet Searcher) de La Silla, dans les montagnes du
nord du Chili, pour effectuer ces découvertes.
À ce jour, plus
de 270 exoplanètes ont été découvertes depuis 1995. La plupart sont des
géantes proches de Jupiter et de Saturne. Les planètes de plus petit
diamètre, proches de celui de la Terre, sont plus difficiles à
détecter, en l'état actuel des techniques d'astronomie. Selon Mayor, il
est clair que ces planètes ne sont que la pointe émergée de l'iceberg.
L'analyse de toutes les étoiles passées en revue à ce jour avec le
télescope Harps, dit-il, montre qu'un tiers des étoiles comparables au
Soleil sont environnées soit de planètes dites «super-Terres», soit de
planètes de type Neptune, dont la révolution excède les cinquante jours.
Banni depuis onze ans, le poulet américain trempé dans l'eau de
Javel pourrait bientôt refaire son apparition dans l'assiette du
consommateur européen. C'est la perspective qu'a tracée mercredi la
Commission de Bruxelles en autorisant l'importation de volailles
d'outre-Atlantique qui, afin d'être débarrassées de leurs microbes,
sont trempées dans une solution associant plusieurs éléments entrant
dans la composition du célèbre détergent. Une fois plumée et vidée et
prédécoupée, la volaille est introduite dans une sorte de machine à
laver d'où elle est censée ressortir, décontaminée. «Les opinions
scientifiques ont démontré qu'il n'y a pas de risque immédiat pour la
santé», a déclaré mercredi la Commission européenne, sous la bronca des
eurodéputés, unanimes dans leur opposition. Un parlementaire grec,
Dimitrios Papadimoulis, a dénoncé «un crime contre la santé des
citoyens».
La «promesse» d'une levée de l'embargo sur le poulet
chloré américain sujet récurrent de contentieux entre Bruxelles et
Washington avait déjà été évoquée le 13 mai par le commissaire
européen à l'Industrie, Günter Verheugen, soucieux de renforcer les
liens commerciaux transatlantiques. Côté scientifique, les avis sont
partagés. Selon une étude réalisée par une association de consommateurs
américains (Consumer Reports), le traitement antimicrobien pratiqué par
les abattoirs américains n'aurait pas permis de réduire la présence de
salmonelle et de campylobacter, cause d'infections diarrhéiques.
En
revanche, l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) affirme
n'avoir pas détecté de «problème» sanitaire, ni détecté de cas de
résistance antimicrobienne. L'Efsa reste néanmoins prudente : les tests
ont été réalisés in vitro et non in situ. En outre, l'Agence se dit
«incapable» de prouver que le recours aux acides peroxydés l'une des
quatre substances utilisées dans la décontamination du poulet garantit
l'éradication où la réduction des bactéries. S'agissant du goût,
affirme un expert vétérinaire, le procédé de décontamination est
tellement rapide (quinze secondes) que le consommateur n'y verrait que
du feu ! L'opposition au retour du poulet chloré est donc
essentiellement politique.
Emmenés par la France, une
vingtaine d'États membres critiquent la décision communautaire. Ils
pourraient de facto la bloquer. «Les Américains peuvent avoir le modèle
alimentaire qu'ils veulent, on n'est pas obligés de le transférer en
Europe», a déclaré le ministre français de l'Agriculture, Michel
Barnier.
Une évaluation au bout de deux ans
Plusieurs
capitales craignent également que la méthode américaine supplante
progressivement les règlements sanitaires européens. Ces derniers
prévoient un contrôle minutieux de l'élevage, de la surveillance
journalière des poussins aux contrôles qualité réalisés à la sortie de
l'abattoir. «Les Américains compensent l'insuffisance de leurs
contrôles d'hygiène tout au long de la chaîne par cette opération
radicale qu'est le chlorage», explique un vétérinaire. La fédération
avicole française s'est inquiétée mercredi de possibles «distorsions de
concurrence».
Pour parer à ces critiques, la Commission a prévu
une évaluation au bout de deux ans. Le recours aux solutions chlorées
sera «optionnel», ajoute-t-elle, et concernera, non point des morceaux
de la bête, mais des carcasses entières. Les consommateurs en seront
informés grâce à l'introduction d'un étiquetage adapté. Enfin, les
quatre substances de décontamination (dioxyde de chlore, chlorure de
sodium acidifié, phosphate trisodique, acides peroxydés) ne pourront
pas être mélangées. «S'il y a des dangers, nous prendrons des mesures
immédiates», a conclu un expert. Selon l'industrie avicole, 300 000
tonnes de poulet chloré seraient prêtes à être exportées dans l'UE.
L'Autorité britannique pour la fertilité humaine et l'embryologie
avait déjà accordé un feu vert à deux équipes scientifiques, mais la
recherche sur les embryons hybrides est désormais autorisée par
principe en Grande-Bretagne. Lundi soir, les députés britanniques ont
en effet rejeté à une écrasante majorité (336 pour, 176 contre) un
amendement visant à interdire totalement ces « chimères », du nom donné
aux organismes dotés de deux patrimoines génétiques distincts.
On
trouve quelques chimères naturelles, et des recherches sur chimères
génétiques créées par l'homme ont été menées de longue date. Mais il
s'agit ici d'embryons hybrides issus d'ovules animaux dans lesquelles
les chercheurs intègrent de l'ADN humain. Objectif : faciliter les
recherches sur certaines maladies dont Alzheimer, Parkinson ou la
mucoviscidose, dont souffre le fils cadet du premier ministre Gordon
Brown. Ce dernier soutenait personnellement ce texte sensible pour
lequel, comme le veut la tradition parlementaire britannique, les
députés bénéficiaient d'une totale liberté de vote. Le chef de file des
conservateurs, David Cameron, avait également défendu les embryons
hybrides, face aux opposants, au premier rang desquels les catholiques,
qui dénoncent des « expériences à la Frankenstein ».
Bébés donneurs et figure paternelle
Ce
feu vert parlementaire pose néanmoins des limites : Les hybrides seront
réservés à des fins exclusivement scientifiques. Ils doivent être
détruits au plus tard au bout de 14 jours de développement et il est
interdit de les implanter dans l'utérus d'une femme ou d'un animal.
Un
autre amendement, qui devait interdire les « vrais hybrides » (ovule
animal fécondé par du sperme humain et vice-versa, et non par
l'intégration directe d'ADN dans le noyau), a été rejeté, mais avec une
moindre marge (286 contre 223).
Ce texte était une des mesures phares du projet de loi dit «Fécondation humaine et l'embryologie» (lire le texte du projet et les débats en anglais),
déjà approuvé par les Lords, qui remet à jour des lois de bioéthique
datant de 1990. Il prévoit également la possibilité de donner naissance
par fécondation in vitro (FIV) à des « saviour siblings », des « bébés
donneurs » censés sauver la vie de leurs frères ou sœurs malades. Un
amendement pour les interdire a été rejeté quelques heures plus tard
par 342 voix contre 163. Mardi, les députés doivent se prononcer sur
deux mesures tout aussi polémiques : l'accès des couples lesbiens et
des femmes célibataires à la FIV via la suppression du « besoin de
figure paternelle » dans les textes, et le raccourcissement des délais
d'avortement, de 24 à 22 ou 20 semaines.
Depuis sa commercialisation en 1998, le Viagra a connu un succès
planétaire (7 milliards de dollars de ventes) avec 35 millions
d'utilisateurs dans le monde. Le marché des troubles de l'érection en
France a connu entre 2005 et 2006 une progression de 23 %, pour
atteindre 123 millions d'euros de chiffre d'affaires. Au total, ce sont
près de 1,6 million de boîtes de Viagra (Pfizer) ou de ses concurrents
Cialis (Eli Lilly) et Levitra (Bayer) qui se sont vendues dans
l'Hexagone.
Or voici que l'on découvre au Viagra des vertus
pharmacologiques d'une tout autre envergure que le simple dépannage
sexuel : la dernière en date est publiée dans les Annales de l'académie
nationale américaine des sciences (Pnas) du 12 mai. Des souris
atteintes de myopathie (dystrophie musculaire) ont eu leur cœur malade
protégé par des injections quotidiennes de Viagra sous la peau. Dans
cette maladie génétique se caractérisant par une faiblesse et une
dégénérescence progressive des muscles volontaires qui contrôlent les
mouvements, le muscle cardiaque est également touché. L'équipe de Mike
Khairallah (Montreal Heart Institute) avait déjà montré en 2001, chez
les mêmes souris (modèles de la maladie humaine), dès l'âge de 8 à
10 semaines, et alors qu'aucun signe avant-coureur n'est visible sur le
cœur, que ce dernier est déjà vulnérable et ne résiste pas longtemps à
une charge de travail importante.
Protection des cellules cardiaques
Ces
cœurs déficients ont, de plus, des caractéristiques métaboliques et
fonctionnelles anormales, qui annoncent en silence la défaillance
cardiaque ultime. Une des molécules énergétiques indispensables au
fonctionnement cardiaque normal (appelée GMPc) n'est pas formée en
assez grande quantité chez ces souris.
Or l'étude publiée hier
montre que l'utilisation du Viagra (Sildénafil) est d'une grande
efficacité pour restaurer la production de cette molécule énergétique.
Du coup, non seulement les cellules cardiaques sont protégées contre
les dégâts mécaniques, mais le Viagra préserve également la santé des
mitochondries, ces organites de la «respiration» de la cellule. Enfin,
la pilule bleue de l'amour prévient la détérioration des performances
de la contraction cardiaque, habituellement observée chez ces souris
quand elles vieillissent. Selon les auteurs, étant donné la bonne
tolérance pharmacologique du Viagra depuis sa commercialisation, des
essais cliniques de prévention, voire de traitement des
cardiomyopathies des maladies musculaires, devraient pouvoir être
rapidement organisés chez des sujets humains.
Une autre
utilisation «lourde» du Viagra est envisagée, le traitement d'une
maladie rare et mortelle, l'hypertension artérielle pulmonaire. Elle
peut être due à des maladies du poumon ou survenir après une chirurgie
réparatrice d'anomalies anatomiques cardiaques congénitales. La
résistance normale des vaisseaux du poumon augmente peu à peu. Le
muscle cardiaque du cœur droit (oreillette et ventricule droits)
s'épuise peu à peu à lutter contre elle, la défaillance du ventricule
droit suit, ainsi qu'une mort prématurée. Une étude parue en 2005 dans
le New England Journal of Medicine a comparé chez 278 malades répartis
en plusieurs groupes, l'effet de doses croissantes de Viagra avec un
placebo. Le Viagra a significativement amélioré le périmètre de marche,
la plus grande amélioration clinique survenant chez les malades les
plus gravement atteints. Le Viagra pourrait devenir le cinquième
médicament utile dans cette pathologie.
L'exubérance irrationnelle des marchés ou la grosse déprime des
krachs boursiers pourraient bien avoir une origine hormonale. C'est
avec cette idée en tête que John Coates, l'un des auteurs de l'étude et
trader expérimenté sur le marché de New York, est revenu dans le monde
académique à Cambridge en Grande-Bretagne, son université d'origine en
Angleterre, pour mener une enquête sur l'importance des fluctuations
hormonales sur les résultats boursiers.
Les résultats publiés
dans les comptes-rendus de l'Académie nationale des sciences américaine
(Pnas) (*) ont mis en évidence notamment que les traders avaient un
fort taux de testostérone les jours où ils réalisaient le plus de
bénéfice. Il avait observé les passeurs d'ordre pendant la crise des
marchés asiatiques et lors de la bulle des valeurs technologiques à la
fin des années 1990 : «Au-delà de tous les paramètres qui avaient pu
être étudiés pour expliquer ces comportements, confie John Coates au
Figaro, il y en avait un qui m'a paru essentiel mais complètement
oublié, les hormones stéroïdiennes.» En effet, le cortisol est produit
sous l'effet du stress par nos glandes surrénales, tandis que la
testostérone, une autre hormone stéroïdienne produite par les
testicules chez l'homme et dans une moindre mesure par les ovaires chez
la femme, favorise la prise de risque.
L'ancien trader de
Goldman Sachs et de la Deutsche Bank s'est alors lancé, avec le
concours des facultés de neurosciences et de la Judge Business School
de l'université de Cambridge, dans l'étude de ces deux hormones aux
effets bien distincts. Il a demandé à dix-sept traders de la City de
leur donner un échantillon de leur salive le matin à 11 heures et
l'autre l'après-midi à 16 heures, sur une période de huit jours de
travail consécutifs où tombaient d'importantes statistiques de
l'économie américaine. Parallèlement, il avait accès aux performances
boursières quotidiennes des traders volontaires.
Il apparaît que
les jours où les traders avaient la concentration de testostérone la
plus élevée étaient ceux où ils obtenaient les meilleurs résultats
boursiers. Leur concentration en cortisol pouvait aussi connaître
d'énormes variations dans une journée ou une semaine : elle grimpait en
flèche lorsque le degré d'incertitude, dû à la volatilité des marchés,
était le plus élevé. C'est-à-dire au moment où le stress était le plus
intense.
Troubles du comportement
«Ces
résultats nous intéressent beaucoup, car ils rejoignent ceux que nous
avons obtenus chez des sportifs, commente Édith Filaire, chercheuse au
laboratoire des activités motrices et adaptations physiques de
l'université d'Orléans. Les judokas qui, juste avant les compétitions,
ont une concentration salivaire en testostérone plus élevée que
d'habitude vont plus loin dans les éliminatoires. Ce sont les moins
stressés et ils ont développé une stratégie attentionnelle pour
répondre au défi posé. Le taux de cortisol, lui, varie fortement dans
le stress anticipatoire destiné à mobiliser l'énergie.»
Une
injection de testostérone pourrait-elle doper les performances des
traders ? Non, s'empressent de dire les deux chercheurs, car le lien de
cause à effet n'est pas établi et les équilibres hormonaux sont bien
trop subtils pour être manipulés de la sorte. En revanche, de telles
tempêtes hormonales, si elles persistent, peuvent conduire à des
troubles du comportement.
Chez nombre d'animaux, la testostérone
favorise l'agressivité. Mais son augmentation répétée lors d'une forte
spéculation à la hausse pourrait induire, indiquent les chercheurs, une
dépendance à la prise de risque et une impulsivité échappant à tout
contrôle. De même, la présence persistante de cortisol, lors de fortes
incertitudes boursières à la baisse par exemple, peut induire l'anxiété
avec une tendance à exagérer les risques et à se rappeler uniquement
les précédents négatifs : elle accentuerait alors les attitudes de
repli excessif.
«Je ne sais pas pourquoi, précise John Coates,
les traders sont dans la plupart des cas des hommes jeunes. Au vu de
nos résultats, nous pensons que les emballements boursiers seraient
probablement réduits si le profil endocrinien des traders était plus
diversifié : des hommes d'âge mûr et des femmes, moins soumis à de
forts écarts en testostérone, pourraient aussi faire ce métier.»
Ces
travaux innovants doivent être reproduits et les conditions boursières
actuelles semblent s'y prêter : «Maintenant, ce serait fantastique,
assure John Coates.
C'est un joli pavé dans la mare qu'ont lancé les chercheurs de
l'université de Newcastle en annonçant la création d'un embryon hybride
homme-animal. Alors qu'en Grande-Bretagne le débat politique, religieux
et scientifique relatif à un projet de loi de bioéthique concernant
l'aide à la procréation et l'utilisation d'embryons humains venait tout
juste de se calmer, l'équipe de Lyle Armstrong a annoncé à la BBC avoir
réussi à produire un embryon à partir d'un ovocyte de vache et de
cellules humaines. Une première au Royaume-Uni et en Europe. Le premier
embryon hybride a apparemment été créé en 2003 à Shanghaï avec des
cellules d'homme et de lapin.
Le but de l'exercice n'est pas de
donner naissance à des chimères, mais de fournir un mode de production
de cellules souches sans utiliser d'ovocytes humains, dans le cadre de
recherches de nouveaux traitements pour des maladies graves et
incapacitantes, comme Parkinson et Alzheimer. Au terme de chaudes
disputes sur l'intérêt scientifique de telles expériences, le premier
ministre Gordon Brown a fini par déclarer il y a quelques jours qu'il
retirait ses consignes de vote concernant la future loi relative aux
questions de fécondation in vitro et devant faciliter les recherches
déjà autorisées en Grande-Bretagne sur l'embryon humain.
Le
point le plus critiqué du texte avait justement trait à l'autorisation
de créer des cellules hybrides homme-animal. Lors de son sermon du
Vendredi saint, le cardinal Keith O'Brien a déclaré que ce projet de
loi était une «attaque monstrueuse contre les droits de l'homme, la
dignité humaine et le genre humain ».
Pour des raisons
religieuses, des députés travaillistes, ainsi que trois ministres
catholiques de Gordon Brown avaient annoncé qu'ils n'hésiteraient pas à
voter contre ce texte qui remet à jour la précédente loi de 1990. Le
catholique Paul Murphy, ministre en charge des Affaires galloises,
était prêt à démissionner pour pouvoir voter contre les consignes de
son parti.
Un demi-succès
Pour autant, les
biologistes de Newcastle n'ont pas agi dans l'illégalité pour produire
leur embryon hybride. Ils avaient reçu, comme l'équipe concurrente de
Stephen Minger au King's College de Londres, une autorisation spéciale
de la part de l'agence de biomédecine britannique (HFEA, Human
Fertilisation and Embryology Authority) (voir nos éditions du
6 septembre 2007). L'autorisation était assortie de règles très
strictes, comme l'interdiction d'implanter les embryons obtenus dans un
utérus maternel et l'obligation de détruire les cellules 14 jours après
la fécondation. Mais Lyle Armstrong et son équipe n'ont pas eu besoin
d'obéir à cette dernière injonction, puisque leur expérience n'a été
qu'un demi-succès. L'embryon n'a vécu que trois jours, jusqu'à un stade
où il s'était divisé en 32 cellules. La technique utilisée pour obtenir
l'embryon s'apparente à celle du clonage, inaugurée en 1997 avec la
naissance de la brebis clonée Dolly en Écosse. Après avoir retiré l'ADN
d'un ovule de vache, les chercheurs y ont injecté le matériel génétique
d'une cellule souche embryonnaire humaine. D'après le professeur John
Burn, directeur de l'Institut de génétique humaine de l'université de
Newcastle, le résultat est «à 99,9 % humain et à 0,1 % animal».
Avant
d'espérer réellement travailler avec de tels embryons, afin d'en
extraire des cellules souches, il faut attendre au moins six jours.
L'avancée gêne aussi la communauté scientifique, puisqu'elle a été
annoncée publiquement à la télévision avant d'être publiée dans une
revue scientifique à comité de lecture. «Il ne s'agit que de travaux
préliminaires, qui n'avaient pas vocation à être rendus publics,
explique Karen Bidewell, porte-parole de l'université de Newcastle.
Mais le sujet a été évoqué par Lyle Armstrong la semaine dernière
devant la Knesset en Israël, et la BBC a eu l'information.»
«Une découverte totalement inattendue», selon Candice Hansen, une
scientifique du Jet Propulsion Lab. Les chercheurs examinaient les
changements climatiques du printemps sur Mars, quand ils ont
découvert... des avalanches.
L'image prise le mois dernier
montre au moins quatre avalanches d'une couche fine de glace et de
poussière tombant d'une falaise escarpée sur une colline située 700
mètres plus bas. L'avalanche a déclenché d'épais nuages de débris dont
certains mesuraient 180 mètres de large.
Les images ont été
prises grâce à la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, un engin robotisé,
qui tourne autour de Mars. Elle est arrivée près de Mars en 2006.
Pour
l'heure, les scientifiques n'ont pas encore déterminé le déclencheur de
ces avalanches ni leur fréquence ou encore si elles se produisent
uniquement au printemps.
«Quoi, il est pas frais mon poisson ?» Cetautomatix, le forgeron du
petit village qui résiste encore, celui d'Astérix et d'Obélix, adore
mettre en cause la fraîcheur des produits de son vis-à-vis, le
poissonnier Ordralfabetix. S'ensuivent d'homériques pugilats. La
raison ? Une odeur. Mais pas n'importe laquelle. L'odeur de poisson
avarié fait partie de ces effluves nauséabonds et tenaces que l'on
frémit de rencontrer. Pourtant, le poisson frais sent très bon.
L'animal entier sent la mer et l'iode. Sa chair elle-même a des
senteurs douces et parfumées. Mais tout peut se gâter très vite. Non
seulement certains poissons laisseront leur forte marque odorante sur
les mains des cuisiniers et sur les ustensiles de cuisson, mais un
poisson ou des bouts de poisson peuvent acquérir assez vite un
épouvantable parfum reconnaissable entre mille.
Car une odeur
est avant tout une rencontre entre une substance volatile, c'est-à-dire
qui se mélange à l'air, et un récepteur nasal capable de la
reconnaître. Il existe environ 300 000 substances volatiles et l'homme
peut en détecter environ 10 000. Beaucoup d'animaux, du bourdon au
chien, en sentent beaucoup plus.
Parmi toutes ces substances
odoriférantes, un certain nombre sont associées à des «images mentales»
très négatives. C'est le cas de l'odeur de poisson en cours de
décomposition. Les substances chimiques responsables de la pestilence
sont des composés azotés. Ils contiennent donc, en plus du carbone et
de l'hydrogène, de l'azote. Leur nom savant est méthylamines et il en
existe plusieurs sortes comme les diméthylamines ou les triméthylamines.
Ces
molécules sont produites de deux façons différentes. La première vient
de l'autolyse des chairs du poisson. Après sa mort et à cause de
l'arrêt de l'activité de l'organisme, les cellules de l'animal vont
subir des transformations internes. En particulier, une substance
destinée à réguler la teneur interne en sel des poissons, l'oxyde de
triméthylamine, est dégradée et du triméthylamine est produit. Molécule
volatile, elle se dégage dans l'air et le poisson commence à puer.
L'action des bactéries
L'autre
source de gaz, la plus importante, est due à l'action des bactéries.
Celles-ci se trouvent sur la peau du poisson, mais aussi dans leurs
branchies et leurs intestins. Et la flore bactérienne des poissons,
qu'ils vivent dans les eaux froides, tempérées ou tropicales, est
pratiquement la même. Lorsque le poisson est vivant, ou tout de suite
après avoir été pêché, son système immunitaire maintient sa chair
stérile. Après sa mort, les bactéries peuvent l'envahir. Du moins
certaines bactéries. Car la plus grande partie d'entre elles ne va pas
participer à l'altération du poisson. Celles qui l'abîment ont des noms
d'ailleurs très évocateurs, comme putrefaciens.
L'action des
bactéries va produire nos fameuses méthylamines et de l'ammoniac, mais
aussi d'autres catégories de molécules malodorantes. Il y a aussi, en
petites quantités il est vrai, les trois autres grandes catégories de
produits peu agréables : des composés soufrés (odeur d'œufs ou de
légumes pourris), des aldéhydes (goût de rance) et des acides gras
volatils (comme le vinaigre). Le rance peut également être donné par
les graisses du poisson, ses lipides, qui, s'ils sont oxydés, peuvent
donner une mauvaise odeur et le goût de rance à la chair.
La
vitesse à laquelle la chair du poisson s'abîme est très variable selon
les espèces. Par exemple, le merlan ou le cabillaud, qui ont une peau
fine et fragile, se décomposent bien plus vite que le carrelet qui a un
épiderme robuste. Les conditions dans lesquelles le poisson est
conservé, (temps avant congélation, température de congélation) vont
également influer sur les possibles molécules malodorantes produites et
leur temps d'apparition.
Mais manger du poisson qui ne risque
pas de sentir le poisson avarié est possible. Il existe ainsi un
produit alimentaire fait de poisson qui n'en a pas l'odeur : c'est le
surimi. Inventé au XVIIe siècle par les Japonais, c'était au départ une
façon de préparer le poisson pour le conserver. Le poisson est étêté et
vidé dès qu'il est pêché, les filets sont lavés à l'eau douce et
débarrassés du sang, du gras, des tissus conjonctifs, puis pressés. Le
résultat : une pâte blanche sans goût et sans odeur . Ce n'est qu'une
fois à terre qu'il sera mis en forme et aromatisé.
Les recettes
de grand-mère ne manquent pas pour atténuer ou se débarrasser des
odeurs de poisson. Beaucoup tournent autour du citron, dans la poêle,
la casserole ou sur les mains. Mais il y a aussi l'acier inoxydable.
Pourquoi est-ce que ça marche ? Aucune idée. Si quelqu'un a une
explication, je suis preneur...
Adieu les Martiens ? Les récentes découvertes effectuées par
Opportunity, l'un des deux robots explorateurs de la Nasa, ont
peut-être ruiné tout espoir de trouver un jour des traces de vie
fossile sur la planète rouge.
La faute en revient à la mauvaise
qualité des eaux martiennes, a expliqué, lors de la conférence annuelle
de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS), qui
s'est tenue ces derniers jours à Boston (États-Unis), Andrew Knoll, un
biologiste membre de l'équipe scientifique qui supervise les deux
robots.
En effet, si l'on sait que l'eau coulait en abondance
sur Mars il y a 4 milliards d'années, il semble qu'elle avait un pH
trop acide et surtout des concentrations en minéraux (notamment en
sulfates) beaucoup trop élevées pour permettre à des micro-organismes
de se développer et d'avoir des chances d'y survivre.
Nouvelle mission dans un an
Les
roches sédimentaires qu'Opportunity analyse depuis des mois à
l'intérieur du cratère Victoria, dans la plaine de Meridiani, révèlent
que «l'eau aurait été trop salée» pour donner naissance à la vie, a
déclaré Andrew Knoll. Ces roches étant très répandues sur Mars, la
quête des premières traces de vie extraterrestre, pour laquelle notre
planète voisine semblait être une bonne candidate, apparaît de plus en
plus ardue. Mais elle n'est pas pour autant définitivement compromise.
Knoll
estime en effet que des découvertes restent possibles «dans des
environnements que nous n'avons pas encore étudiés». Notamment dans des
formations géologiques plus anciennes que les roches sulfatées
auscultées par Opportunity ou encore en allant chercher sous la surface
du sol martien.
Une analyse que partage Nicolas Mangold,
géologue à l'université d'Orsay. «On savait depuis un moment que ce
serait difficile, surtout dans la zone explorée par Opportunity qui est
relativement tardive. Il faut donc continuer à chercher ailleurs,
explique-t-il. En revanche le chercheur français s'étonne que son
collègue américain ne parle pas des dépôts d'argile, plus anciens que
les sulfates, découverts en décembre 2005 par l'instrument Omega de la
sonde européenne Mars Express. Or ces formations géologiques, qui
témoignent elles aussi de la présence d'eau liquide sur la planète
Rouge, n'ont pas l'inconvénient d'être salées à l'excès.
La
Nasa ne s'y est d'ailleurs pas trompée. En effet, cinq des six sites
d'atterrissage possibles du futur robot MSL (Mars Science Laboratory),
qui doit décoller l'an prochain, se situent sur des régions riches en
argiles, notamment en phyllosilicates.
Alors que Spirit et
Opportunity, qui viennent de démarrer leur cinquième année de présence
sur Mars (initialement leur mission ne devait durer que trois mois…)
sont principalement dédiés à la recherche de traces d'eau fossile, MSL
tentera de déceler, cette fois, des preuves de vie dans des zones a
priori habitables. Équipé de six roues de 50 cm de diamètre, ce robot
quatre fois plus gros que Spirit ou Opportunity pèsera la bagatelle de
800 kg, dont 70 kg rien que pour ses six instruments scientifiques.
Avant
cela, la sonde américaine Phoenix se posera le 25 mai prochain près du
pôle nord de Mars pour analyser l'eau gelée présente sous la surface et
préciser si les conditions ont pu être favorables à l'apparition de la
vie.
Enfin, en 2013, les Européens devraient lancer leur futur
robot ExoMars, lequel sera équipé d'une foreuse capable de prélever des
échantillons de roche jusqu'à une profondeur de deux mètres. Si les
chances d'aboutir paraissent de plus en plus minces, les chercheurs de
microbes martiens n'ont pas encore dit leur dernier mot…
Un professeur japonais a inventé une machine
pour mesurer le rire et une nouvelle unité, le "ah", afin d'établir si
l'hilarité d'une personne est sincère, cynique ou moqueuse.
"Selon
ma théorie, dès que le cerveau détecte quelque chose de rigolo, le
diaphragme se met en mouvement", a affirmé vendredi à l'AFP Yoji
Kimura, professeur en sciences de la communication à l'université du
Kansai (centre-ouest) d'Osaka, port d'attache de nombreux humoristes
japonais.
En posant des capteurs sur des volontaires, notamment
au niveau de leur estomac, il a mesuré les mouvements du diaphragme et
des muscles. Sa machine peut chercher jusqu'à 3.000 fois par seconde
les signaux électriques produits par le corps en cas d'hilarité.
Selon
l'inventeur, cette précision peut permettre d'établir si quelqu'un rit
de bon coeur ou se force, voire si la personne s'amuse cyniquement ou
par dérision.
M. Kimura a établi une nouvelle unité de mesure, le
"ah", pour classifier les rires. "Nous avons découvert que le rire des
enfants est le plus spontané, avec 10 ah par seconde, soit deux fois
plus que celui des adultes", explique-t-il.
Un écart attribué aux
"calculs" des adultes, qui perdent leur spontanéité en se demandant
s'il est approprié de rire en fonction de la situation.
Le
professeur distingue quatre étapes possibles dans un rire: la détente,
la sortie de la norme, le rire de bon coeur et enfin, parfois, l'éclat
de rire.
Pour lui, comprendre le mécanisme faisant passer de l'un à l'autre "est la clé d'un secret de l'âme humaine".
Car
pour M. Kimura, rire permet à l'homme de repartir du bon pied, "comme
le redémarrage pour un ordinateur". Et il croit l'humanité capable de
passer, après un "siècle de guerre, à un siècle d'humour et de
tolérance".
Après des années d'études et de recherches, une équipe scientifique
danoise ose l'affirmer : tous les humains ayant les yeux bleus, sur
l'ensemble de la planète, sont les descendants d'un unique ancêtre
commun. Celui-ci, homme ou femme, on ne sait pas, serait né avec une
mutation génétique spontanée qui aurait transformé les yeux marron, que
tout le monde avait alors, en yeux bleus. Cela se serait passé il y a
entre 6 000 et 10 000 ans. Et depuis, ce caractère bleu se serait
lentement mais sûrement répandu dans toutes les populations. Une
conclusion basée sur des études génétiques sérieuses, mais qui ne font
pas l'unanimité. Voici pourquoi.
La couleur des yeux vient de la
coloration d'une partie de l'œil nommée iris. L'iris est un muscle plat
et circulaire qui joue le rôle de diaphragme. Il permet d'ouvrir ou de
fermer la pupille en fonction de la luminosité. Beaucoup de lumière et
l'iris se resserre afin que la pupille soit très petite (jusqu'à la
taille d'une tête d'épingle), peu de lumière et l'iris s'écarte afin
d'agrandir la pupille et de permettre au maximum de lumière de pénétrer
dans l'œil et d'aller impressionner la rétine. L'iris n'est donc pas
transparent.
La couleur de l'iris provient d'un colorant unique,
la mélanine, qui est également présente dans la peau ou les cheveux.
Les différentes nuances de la couleur des yeux sont dues aux
différences de concentration de la mélanine présente. Plus elle est
abondante, plus la couleur sera foncée, moins il y en a, plus la
couleur sera claire. On va donc du noir au marron et au vert. Avec
parfois des mélanges. Et quand il n'y en a que très peu au bon endroit,
cela donne les yeux bleus. S'il n'y en avait pas du tout, la personne
serait albinos (cheveux blancs, yeux rouges).
Allons un peu plus
dans le détail. La mélanine est fabriquée dans le corps en plusieurs
étapes. À chaque étape interviennent des ouvrières, appelées enzymes,
différentes. Qu'une seule d'entre elle soit absente et la chaîne de
fabrication ne produira pas de mélanine. D'autant que, une fois
fabriquée dans son usine, la mélanine doit être transportée sur les
lieux où elle doit agir. Là encore, si le transport ne peut se faire,
il n'y aura pas de mélanine apparente. C'est ce qu'il se passe pour les
yeux bleus. La mélanine est bien présente dans les couches profondes de
l'iris, mais elle ne peut pas être transportée dans les couches
superficielles. L'œil apparaît bleu.
Bizarreries génétiques
Pour
tout à fait comprendre, ajoutons un zeste de génétique. Chaque être
humain a un patrimoine génétique qui provient pour moitié du père et
pour moitié de la mère. Chaque gène est donc en double exemplaire. Pour
simplifier, admettons qu'un gène unique, sur le chromosome 15,
détermine la couleur des yeux. Si du côté de la mère, le gène dit
«marron», tout comme du côté du père, l'enfant aura les yeux marron. Si
du côté de la mère, le gène dit «bleu» mais que le père dise «marron»,
l'enfant aura les yeux marron. Pour qu'il ait les yeux bleus, il faut
que le gène venu de la mère et celui venu du père disent «bleu». Et
cela est très logique puisque nous avons vu que la mutation «yeux
bleus» entraîne un non-fonctionnement d'une partie de la chaîne de
fabrication-transport de la mélanine. Et la présence même d'un seul
gène «marron» permet de remettre en marche l'usine à mélanine.
L'un
des premiers arguments en faveur de l'ancêtre commun, d'après l'étude
danoise, est que les variations dans la gamme des bleus sont bien moins
importantes que dans la gamme des marrons. Ce qui indiquerait que les
«bleus» sont d'une part plus récents et d'autre part proviennent d'un
même individu. Les chercheurs danois ont retrouvé au niveau génétique
le même cas de figure. Même mutation très conservée chez les porteurs
d'yeux bleus, qu'ils soient scandinaves, turcs ou jordaniens, et même
grande variabilité génétique pour les yeux bruns. Il semble donc que la
mutation qui a affecté il y a quelques milliers d'années le gène
principal déterminant la couleur des yeux ait été ce que l'on appelle
une mutation fondatrice, à l'origine de tous les yeux bleus du monde.
Mais
les généticiens ne peuvent exclure d'autres hypothèses. Ainsi, il n'est
pas impossible que cette mutation soit survenue plusieurs fois,
indépendamment les unes des autres. Ensuite d'autres mutations que
celle-là peuvent conduire aux yeux bleus. Et que des bizarreries
génétiques peuvent aussi conduire des parents aux yeux bleus à avoir un
enfant aux yeux marron. Mais, pour nous résumer, les yeux bleus
résultent bien d'une mutation récente affectant au moins un gène
«directeur» de la couleur des yeux. La question de l'ancêtre unique
reste posée…
Une recherche menée par des Danois, hmm, je trouve que c'est une étude qui même sérieuse et argumentée, sent un peu le souffre, surtout que ce genre de pensée a déjà été développée et véhiculée il y a plus de 70 ans et ont en connaît les conséquences...
Sur tous les continents, dans toutes les civilisations, au fond de
toutes les vallées perdues montagneuses, se cacheraient de mystérieuses
créatures, mi-humaines, mi-animales. Appelées yéti dans l'Himalaya,
bigfoot dans les montagnes Rocheuses, almasty dans le Caucase, yeren en
Chine ou yowie en Australie, ce sont toutes de grandes créatures
velues, discrètes et craintives, avec des caractéristiques venues à la
fois des primates et des humanoïdes. Certains estiment même que ces
apparitions pourraient être le fait de la survivance de l'homme de
Néandertal. Et il est vrai que l'on a longtemps cru que l'homme de
Néandertal avait disparu au moment de l'émergence de l'homme de
Cro-Magnon. On sait maintenant qu'il y a eu, il y a entre 25 000 et
30 000 ans, cohabitation entre les deux branches humaines. Alors,
pourquoi ne pas imaginer qu'une poignée de néandertaliens soient encore
présents…
Mais les preuves de leur existence sont ténues en
dépit des aventures de Tintin. Quelques photos floues, des empreintes,
des poils, des témoignages plus ou moins précis sont insuffisants pour
prouver sans équivoque leur présence. D'autant que l'on connaît la
propension de l'homme à fantasmer sur la réalité. Ainsi, il n'y a pas
que dans le loch Ness, en Écosse, que nagent mystérieusement des Nessie
de plusieurs dizaines de mètres de longueur. De nombreux lacs de part
le monde, en Suède, au Canada, en Géorgie, en Chine par exemple
possèdent ainsi leur serpent géant.
Ce qui est tout de même
troublant, c'est le fait que des groupes d'hommes, sans lien entre eux,
sans possibilité de communication, racontent quasiment la même
histoire. Est-ce là un «artefact» de la pensée humaine qui aime à
exagérer les dangers pour mieux mettre en valeur son audace et son
courage ou ces mystérieuses créatures existent-elles vraiment ?
Cryptozoologie
Pour
essayer de rationaliser un peu tout cela, un domaine scientifique tente
de se faire reconnaître. Il s'agit de la cryptozoologie, la «science
des animaux inconnus». Même si la science officielle réfute leurs
travaux, les cryptozoologues tentent de collecter les témoignages, de
les évaluer, de les approfondir… Mais tous les cryptozoologues ne sont
pas scientifiques tandis que certains scientifiques font de la
cryptozoologie sans le savoir.
Les scientifiques estiment que
nous ne connaissons que 20 à 30 % des espèces animales vivant sur
Terre. Nous sommes incapables d'évaluer leur nombre mieux qu'à un
facteur dix près : il y en aurait entre 8 et 80 millions. Près de 80 %
des espèces animales seraient ainsi des insectes. Viennent ensuite les
autres arthropodes, puis les nématodes (les vers ronds) et les
mollusques. L'embranchement auquel appartient Homo sapiens, nommé les
cordés (squelette organisé autour d'une colonne vertébrale),
principalement composé de poissons, ne compte que quelques dizaines de
milliers d'espèces.
Il resterait donc des millions d'espèces à
découvrir. Bien sûr, toutes ne sont pas spectaculaires. Un certain
nombre de ceux qui se nomment cryptozoologues sont d'ailleurs un peu
«snobs» et ont décidé de ne pas s'intéresser aux espèces inconnues qui
ne sont pas remarquables soit visuellement, soit pour l'imagination.
D'autres en revanche, qui se nomment les cryptoentomologues, n'ont pas
ces dédains et s'intéressent aux espèces inconnues même très petites et
sans éclat particulier. On enregistre chaque année, tous animaux
confondus, quelque 15 000 nouvelles espèces. Et il y en aurait bien
plus si la quantité de scientifiques capables de les trouver, examiner,
cataloguer, était plus importante.
Il y a tout de même eu ces
dernières années quelques découvertes spectaculaires de nouvelles
espèces, la plus célèbre étant sans doute celle d'un poisson
«préhistorique», le cœlacanthe. Le premier exemplaire fut pêché en 1938
alors que l'on croyait ce groupe de poissons disparu depuis l'époque
des dinosaures, le second en 1952. Depuis, d'autres ont été pêchés et
filmés. Il y a également, venus de la mer, les cadavres de calmars
géants dont les seules «preuves» d'existence étaient des récits de
marins.
Mais il y a aussi l'okapi, le parent le plus proche de
la girafe, que l'on ne découvrit qu'au XXe siècle. En Nouvelle-Zélande,
on a cru pendant deux siècles que le takahe, un gros oiseau coureur,
était éteint avant d'en retrouver dans une région très reculée de
l'île. En 1995, une expédition franco-britannique se perdit dans une
tempête de neige dans une vallée tibétaine et découvrit chez les
habitants de la vallée une race de cheval, le riwoche, que l'on ne
connaissait que par des dessins rupestres préhistoriques. Alors, le
yéti et bien d'autres créatures inconnues ont encore toutes leurs
chances.
Le crâne fossile d'un énorme cochon d'Inde a été découvert en Uruguay.
Découvert
sur une plage du Rio de la Plata, en Uruguay, très bien conservé, le
crâne fossile de cet énorme cochon d'Inde mesurait, à lui seul, 53
centimètres de long : un record ! Les paléontologues uruguayens qui
l'ont exhumé estiment que ce rongeur, le plus gros jamais décrit,
pesait environ une tonne. Il a été classé dans le genre
Josephoartigasia de la famille des dynomyidés, connus pour leur
gigantisme. L'animal vivait il y a entre 4 et 2 millions d'années dans
un estuaire ou un delta planté de forêts.
Des chercheurs créent un cœur de rat en laboratoire
le Figaro, Martine Perez
14/01/2008
Pour la première fois, un cœur de rat qui parvient à fonctionner a été fabriqué à partir de cellules cardiaques néonatales.
Les travaux publiés dimanche dans la revue Nature Medicine
par l'équipe de Doris Taylor (Université du Minnesota, Minneapolis,
États-Unis) auraient pu être au centre de l'intrigue d'un livre de
science-fiction. Et pourtant, l'affaire est bien réelle. Un cœur de
rat, capable de battre et de fonctionner comme une pompe cardiaque, a
été fabriqué dans un laboratoire à partir du cœur d'un animal mort et
de cellules cardiaques néonatales de rat.
Il ne s'agit que d'un
rongeur et le cœur fabriqué n'a pas encore été greffé sur un autre
animal. Mais ces travaux inaugurent une ère totalement nouvelle de la
recherche en transplantation d'organes. L'idée en ligne de mire est
que l'on pourra peut-être un jour se passer des donneurs d'organes et
utiliser ceux que l'on sera capable de fabriquer de manière adaptée à
chaque individu. Pour l'instant, nous en sommes encore loin.
Comment
fabriquer un cœur en laboratoire ? Dans un premier temps, les
chercheurs de l'Université du Minnesota ont prélevé celui d'un rat mort
afin qu'il soit utilisé comme structure de base à celui qu'ils
souhaitaient créer. Ils ont ensuite éliminé la totalité des cellules
cardiaques de cet organe, grâce à un procédé dit de «décellularisation»
par lessivage, ne laissant que «la matrice extracellulaire»,
c'est-à-dire le squelette de base qui donnera à l'organe final la forme
d'un cœur. Ils ont ensuite injecté dans cette matrice des cellules
provenant de cœurs de rats nouveau-nés. Le tout a été ensuite placé
dans un milieu de culture favorable à la croissance des cellules
cardiaques.
Il a suffi de quatre jours pour que les cellules
injectées se multiplient et s'étendent sur toute la matrice et que des
contractions soient observées dans le muscle cardiaque naissant. Huit
jours après la mise en culture, le cœur était déjà capable de
fonctionner comme une pompe, à faible débit certes, puisqu'à une
puissance d'environ 2% de la fonction d'un cœur adulte.
«Quand
nous avons vu les premières contractions, nous sommes restés sans
voix», a commenté Harald C. Ott, un des chercheurs de l'équipe. «C'est
un des deux grands moments de ma vie, a confié à l'AFP Doris Taylor
(Université du Minnesota, Minneapolis, États-Unis). Le premier, c'était
en 1997 quand j'ai vu des cellules se développer dans un cœur de lapin
après un infarctus.» Ces résultats «sont très prometteurs», selon les
chercheurs.
Applications encore lointaines
Cette
même équipe a également testé avec succès la technique visant à
éliminer toutes les cellules du muscle cardiaque sur des cœurs de porc.
Elle a expérimenté ce procédé sur différents organes, comme les
poumons, le foie, le rein et les muscles.
Cette équipe veut
maintenant transplanter ces cœurs bioartificiels sur des animaux
vivants afin d'explorer leur fonctionnalité in vivo. «L'idée serait de
développer des vaisseaux sanguins ou des organes transplantables et
fabriqués à partir des propres cellules d'un individu», explique Doris
Taylor, une des coauteurs de la publication. Une telle perspective
pourra peut-être apporter un jour un élément de réponse au problème
crucial de la pénurie d'organes. En France, 700 personnes sont en
permanence en attente d'une greffe de cœur.
Il faut cependant
reconnaître que cette perspective est encore très lointaine. «Ce
travail, c'est de la très belle expérimentation réalisée par une équipe
de grande qualité, soutient le professeur Philippe Menasché (hôpital
Georges-Pompidou, Paris). Mais, soyons clair : les applications
cliniques sont très loin. Un cœur, ce n'est pas quedu muscle cardiaque,
c'est aussi des artères coronaires, des nerfs, de vaisseaux
lymphatiques, du tissu conjonctif, c'est très compliqué.Il s'agit de
recherche magnifique, mais de là à envisager un cœur bioartificiel,
c'est de l'utopiecomplète.»
Des chercheurs détectent la plus jeune planète du cosmos
Le Figaro, Marc Mennessier
04/01/2008
La nouvelle benjamine de l'Univers s'est formée moins de dix millions d'années après la naissance de son étoile.
La
plus jeune des quelque 270 planètes extrasolaires répertoriées à ce
jour a moins de 10 millions d'années, soit un délai très court à
l'échelle cosmique. Une équipe d'astronomes de l'institut Max-Planck à
Heidelberg, en Allemagne, dresse cette semaine, dans la revue Nature, le portrait de cette surprenante benjamine.
Dix
fois plus massive que Jupiter (la plus grosse des huit planètes de
notre système solaire), cette gigantesque boule de gaz tourne en un peu
plus de 3,5 jours autour de TW Hydrae, un astre âgé de 8 à 10 millions
d'années qu'elle frôle à seulement 0,04 unité astronomique, soit 25
fois moins que la distance de la Terre au Soleil. Jusqu'à présent,
aucune exoplanète n'avait été détectée autour d'une étoile de moins de
100 millions d'années à comparer avec notre Soleil qui brille depuis
4,57 milliards d'années.
Surtout, c'est la première fois que des
scientifiques observent quasiment en direct la formation d'une planète
: un processus mystérieux qui se déroule dans le disque de poussières
et de gaz qui entoure l'étoile.
«Jupiters chauds»
Pour
y parvenir, les astronomes de Heidelberg ont eu recours à la méthode
dite de la vitesse radiale grâce au spectrographe Feros installé sur
l'observatoire de La Silla (ESO) au Chili. «Cela prouve que les
planètes peuvent se former en dix millions d'années, avant que le
disque ne soit dissipé par les vents solaires», écrivent-ils dans Nature.
Selon
eux, le principal mécanisme de formation des planètes serait le
suivant. En entrant en collision les uns avec les autres, les
minuscules grains de poussière (environ un millième de millimètre)
contenus dans le disque croissent pour former des noyaux planétaires,
lesquels deviennent, à partir d'un certain seuil, suffisamment massifs
pour retenir une partie du gaz en suspension autour de l'étoile. Les
planètes géantes, comme celle qui gravite autour de TW Hydrae, peuvent
néanmoins être engendrées par des «instabilités gravitationnelles» à
l'intérieur du disque.
«Il est surprenant de voir une planète
géante naître si près de son étoile et surtout aussi vite, souligne
Jean-Loup Bertaux, astronome au CNRS. Jusqu'à présent, on pensait que
ces “jupiters chauds” se formaient à une distance beaucoup plus
éloignée de leur étoile et qu'ils s'en rapprochaient ensuite. Il reste
maintenant à déterminer si cette théorie de la “migration” doit être
remise en question ou non.»
La viande clonée sans risques pour la consommation
le Figaro, Y. M.
14/01/2008 | Mise à jour : 19:48 |
.
«Il
n'y a pas de raison que les animaux clonés et leur descendance
présentent de nouveaux risques alimentaires par rapport aux animaux nés
selon des procédés conventionnels.» C'est la principale conclusion du
rapport préliminaire que l'Efsa (Agence européenne de sécurité des
aliments) a rendu public vendredi.
La viande d'animaux clonés
n'est permise actuellement dans aucun pays. Mais les experts font
valoir que, si à l'avenir la consommation d'animaux clonés était
autorisée, les bêtes présentant des anomalies dues à cette technique
seraient de toute façon exclus de la chaînealimentaire.
Les
malformations et les décès de clones à la naissance voire plus tard
sont actuellement encore fréquents, reconnaissent les experts, mais ils
estiment que la technique du clonage devrait s'améliorer au cours des
prochaines années.
Le clonage consiste à introduire le noyau
d'une cellule adulte dans un ovule énucléé. Cette technique a été mise
au point par le scientifique écossais Ian Wilmut, et lui a permis de
«fabriquer» la célèbre brebis Dolly.
Aujourd'hui encore, la
production d'animaux clonés est extrêmement coûteuse et on peut penser
que ce ne sont pas les clones qui pourraient un jour être mis sur le
marché, mais leur descendance.
Le pré-rapport ne constitue
qu'une première réponse aux questions de la Commission européenne sur
les risques de la consommation de viande ou de lait produits par des
animaux clonés. Le rapport définitif ne devrait être rendu qu'en mai.
Dans l'intervalle, l'actuel projet de texte est consultable sur le site Internet de l'agence.
Jusqu'au 25 février, scientifiques, professionnels, industriels ou ONG
pourront ainsi étudier ce document et faire part de leurs commentaires.
Cette démarche répond à la volonté de transparence et d'ouverture
affichée par l'Efsa, dont certains avis sont parfois très critiqués.
L'Efsa
n'est pas la première agence à rendre un avis favorable aux productions
liées au clonage. En décembre 2006, la FDA (l'agence américaine de
sécurité alimentaire) avait déjà affirmé le même principe d'innocuité.
Dans les prochains jours, elle devrait aller encore plus loin. Selon le
Wall Street Journal (4 janvier 2008), la FDA pourrait bientôt autoriser la commercialisation et la consommation de produits issus du clonage.
Clonons des vielles poules histoire de les faire prendre pour des perdreaux de l'année pendant que l'on y est !
1 (1- 1) : Tout change (Everything Changes) 2 (1- 2) : Premier jour (Day One) 3 (1- 3) : Machine fantôme (Ghost Machine) 4 (1- 4) : Femme cybernétique (Cyberwoman) 5 (1- 5) : Petits mondes (Small Worlds) 6 (1- 6) : La récolte (Countrycide) 7 (1- 7) : Cadeaux grecs (Greeks Bearing Gifts) 8 (1- 8) : Ils tuent encore Suzie (They Keep Killing Suzie) 9 (1- 9) : Chaussures en vrac (Invisible Eugene) 10 (1-10) : Hors du temps (Out of Time) 11 (1-11) : Combat (Combat) 12 (1-12) : Capitaine Jack Harkness (Captain Jack Harkness) 13 (1-13) : La fin des temps (End of Days)
Commentaires
La série Torchwood n'est pas la suite de la série Docteur Who, mais un spin off centré sur le personnage de Jack Harckness rencontré sur Docteur Who dont les nouveaux épisodes sont en court de diffusion sur la BBC.
Le mot Torchwood est un anagramme de Doctor Who, c'est aussi le nom familier donné en anglais à la famille de plante : Burseraceae.
Un premier pas vers la légalisation des mères porteuses
AGNÈS LECLAIR.
Le Figaro Publié le 05 novembre 2007
La cour d'appel reconnaît comme parents légitimes un couple ayant eu recours à la "gestation pour autrui".
« LA MÈRE porteuse ne prostitue pas plus son corps que la nourrice ne prostitue son lait »,
avait déclaré la pédiatre et psychanalyste française Françoise Dolto en
1984. Un avis longtemps peu partagé en France, où la « gestation pour
autrui », ou grossesse de substitution, a été interdite par la loi
bioéthique de 1994. Le sujet soulève en effet la question de
l'instrumentalisation et de la commercialisation du corps de la femme.
Fin octobre, la justice française a pourtant tranché en faveur d'un
couple - Sylvie et Dominique - qui a eu recours à une mère porteuse
américaine pour donner naissance à des jumelles, a révélé le quotidien Libération.
Des bébés conçus avec le sperme du mari, les ovules d'une donneuse et
portés par une gestatrice. Après sept ans de poursuites judiciaires
pour « enlèvement d'enfant » et « adoption frauduleuse »,
la cour d'appel de Paris a jugé conformes les papiers américains
désignant le couple comme les parents des jumelles. La
non-transcription des actes de naissance aurait des conséquences
contraires à l'intérêt supérieur des enfants, a estimé la cour. « C'est un beau cadeau d'anniversaire pour nos filles qui viennent d'avoir sept ans », confie Sylvie, la mère des jumelles, au Figaro. « Nous avons ouvert la voie à un grand débat sur la gestation pour autrui. »
Certains voient dans cette décision un signe des temps. « Beaucoup
de barrières idéologiques sont en train de tomber. Cet arrêt est
porteur d'espoir pour tous les couples dans le même cas. Et ce même si
cette décision de la cour d'appel ne concerne qu'une seule famille », selon Laure Camborieux, présidente de l'association Maia, qui milite pour la légalisation de la gestation pour autrui.
Désignés comme parents par les certificats de naissance américains,
Sylvie et Dominique n'ont pas réussi à faire établir la filiation en
France pendant plusieurs années. Le couple a tout de même bénéficié en
2004 d'un non-lieu sur les poursuites pénales engagées contre eux, car
les faits se sont déroulés dans un pays où cette pratique est légale. « Encadrer les pratiques »
Le nombre de couples ayant eu recours à cette méthode reste difficile à quantifier. « Vingt à quarante couples français effectuent avec succès cette opération aux États-Unis tous les ans, estime Dominique, le papa des jumelles. Il existe actuellement entre 500 et 1 000 couples dans notre cas. » Ces
chiffres ne prennent pas en compte ceux qui agissent de manière
clandestine dans l'Hexagone ou qui partent vers d'autres pays ayant
légalisé la méthode, comme la Grèce, Israël, la Russie, l'Argentine, le
Chili ou le Canada. « Il faut légaliser la gestation pour autrui en France afin d'encadrer les pratiques », plaide Dominique.
Reste à savoir si cet arrêt sera suivi d'un pourvoi. Jusqu'à présent,
la Cour de cassation a interdit l'adoption par des couples ayant eu
recours à une mère porteuse, considérant qu'il s'agissait d'un
détournement de l'institution de l'adoption. La révision des lois de
bioéthiques, prévue pour 2009, pourrait changer la donne.
Laurent Suply (lefigaro.fr). Publié le 02 novembre 2007
Un historien de la science a recensé les expériences les plus étranges de l’histoire. Florilège.
Il y a un mois, le jury des IgNobel, prix décerné aux projets scientifiques farfelus, récompensait des études sur « les effets secondaires de l'ingestion de sabre » ou « le décalage horaire chez le hamster ».
Des sujets étonnants, mais rien en comparaison des expériences que
l’historien de la science Alex Boese a rassemblé dans son livre « Des
éléphants sous acide », qui sort ce mois-ci dans les librairies
anglo-saxonnes. 300 pages durant, l’auteur détaille des expériences qui
vont du comique à l’effrayant. Des éléphants sous LSD. Cette expérience menée en 1962
aux Etats-Unis donne son titre à l’ouvrage. Des chercheurs injectent
297 milligrammes de LSD (3.000 fois la dose « classique » pour un
humain) à un pachyderme nommé Tusko pour provoquer chez lui le « musth
», état d’excitation proche du rut. Las, après quelques furieux
barrissements, l’animal tombe raide mort. S’ensuit une controverse sur
les causes de cette mort tragique : le LSD lui-même, la dose
administrée, ou même les médicaments donnés pour tenter de ranimer
Tusko. Un chercheur a par la suite donné la même dose par voie orale.
Les animaux semblent avoir vu quelques éléphants roses et ont émis des
bruits étranges, mais sont redevenu normaux après quelques heures.
D’autres animaux ont été les sujets d’expériences aussi étranges. En
1963, un chercheur américain a implanté une puce dans le cerveau d’un
taureau de corrida, pour le stopper net en pleine charge avec une
télécommande. Une autre équipe a travaillé sur la sexualité des dindes.
Ils ont débité morceau par morceau une femelle, jaugeant l’intérêt du
mâle situé en face au cours de la procédure. Et celui-ci n’est pas des
plus regardants. Le dragueur invétéré tente encore de faire la cour à
la tête d’une femelle plantée au bout d’une pique… Des apprentis Frankenstein. Autre grand classique de
la science : le mécano organique. Le Russe Vladimir Demikhov s’était
ainsi fait une spécialité de créer… des chiens à deux têtes, assemblant
vingt « modèles » en quinze ans. D’autres s’évertuaient à maintenir en
vie des têtes de chiens sans corps. Un soviétique a cherché pendant des
années à créer un hybride singe-humain, tentant des inséminations
artificielles sur des guenons, ou passant des appels à volontaires pour
porter l’enfant d’un orang-outan. Un Américain a riposté en greffant la
tête d’un singe sur le corps d’un autre primate. L’animal a survécu un
peu plus d’un jour. 70 % de bourreaux ? Cette célèbre expérience des
années 60 est certainement la plus effrayante des annales. Des cobayes,
croyant avoir affaire à une étude sur l’importance de la punition dans
l’apprentissage, ont devant eux un volontaire (en fait un acteur) assis
sur une chaise électrique. Les cobayes doivent administrer des
décharges de plus en plus fortes à mesure que l’acteur accumule les
mauvaises réponses. Quand ce dernier commence à crier, ils hésitent.
Mais Stanley Milgram, le directeur du programme leur assure calmement
qu’il faut « suivre le protocole » pour le bien de l’expérience. Et ils
le font ! 70% d’entre eux poussent même consciemment le voltage jusqu’à
des doses mortelles malgré les cris d’agonies de l’acteur. Ce qui fera
dire à Milgram qu’au cas où les USA souhaiteraient installer des camps
de concentration, il n’y aurait pas de pénurie de kapos…. Ce test
morbide a été reconstitué dans « I comme Icare » avec Yves Montand.
Plus tard, une équipe a voulu vérifier ce résultat en procédant à la
même expérience, mais cette fois sur un chien, tout sauf volontaire. 20
étudiants sur 26 ont poussé le voltage au maximum. Un test précurseur
en la matière a été mené en 1924 pour étudier les expressions faciales
du dégoût. Odeur d’ammoniaque, images pornographiques, immersion des
mains dans un bocal plein de grenouille et même… décapitation d’un rat.
Les traits du visage des cobayes n’ont rien donné, mais là encore,
deux-tiers d’entre eux ont accepté de trancher la tête des animaux.
Dans le même ordre d’idée, l’expérience de la fausse prison de Stanford
a montré comment transformer des jeunes hommes bien sous tout rapport
en matons sadiques et en prisonnier ultra-violents en quelques jours.
Sortie dans l'espace à haut risque pour une réparation sur l'ISS
CAP CANAVERAL, Floride (Reuters) - La Nasa se prépare aux pires scénarios en vue d'une sortie dans l'espace à haut
risque, samedi, qui doit impérativement réussir pour la poursuite des travaux à bord de l'ISS, ont indiqué vendredi des
responsables.
Mais la Nasa espère que trois jours d'évaluations, de discussions privées avec les équipages de la navette et de l'ISS, ainsi
que les plans détaillés mis au point pour la sortie d'un astronaute à l'autre bout de la station faciliteront au maximum cette
mission d'une demi-heure pour réparer des charnières défectueuses sur un panneau solaire endommagé.
"Ce n'est pas compliqué", insiste Dina Contella, qui dirige la planification des sorties dans l'espace.
Même si c'est l'un des "arpenteurs" les plus expérimentés de la Nasa, Scott Parazynski n'a pas répété les différentes
étapes de sa mission.
Il devra notamment installer un dispositif provisoire pour remplacer des pièces qui ont cédé mardi alors que les astronautes
de la navette Discovery déployaient le panneau solaire.
La Nasa n'avait pas prévu un tel incident, ni un autre problème dans l'alimentation électrique solaire à l'autre bout de l'ISS.
Le panneau endommagé est déployé à environ 75% et doit l'être totalement pour la solidité de la structure, sans quoi la Nasa
a dit qu'elle ne prendrait pas le risque d'ajouter d'autres modules à l'ISS.
Le laboratoire européen Columbus, dont la mise en service a déjà cinq ans de retard, est le prochain module qui doit être fixé
à l'ISS, avant le complexe japonais Kibo, en trois parties, l'an prochain.
RISQUES
La mise au point détaillée de cette sortie dans l'espace, qui mènera Scott Parazynski au point le plus éloigné de la navette
jamais atteint par un astronaute, est une tâche lourde de responsabilités qui occupe fiévreusement depuis mardi le poste de
contrôle du Centre spatial Johnson.
Pour atteindre le panneau endommagé, Parazynski devra s'harnacher à l'extrémité d'une perche, empruntée à la navette, qui
sera fixée au bras robotique de l'ISS - de 15m de long -, lui conférant une portée totale de 23m. Il lui faudra 45 minutes rien
que pour se rendre sur les lieux, a précisé Contella.
Une fois en place, Parazynski comptera sur son partenaire de sortie, Douglas Wheelock, pour être prévenu d'un éventuel
danger. Wheelock devra aussi garder un oeil sur ses outils et aider les astronautes qui piloteront le bras robotique à le
positionner correctement.
La Nasa préfère en général que ses "arpenteurs" spatiaux restent à proximité du sas, si jamais ils doivent rentrer
rapidement en cas de problème avec leur combinaison, ou autre urgence. Mais la réparation de samedi ne permettra pas de
respecter cette précaution.
Parazynski doit prendre garde, par ailleurs, à ne rien toucher qui puisse déclencher un choc électrique. Ses outils, ainsi que
les anneaux métalliques de sa combinaison, ont été recouverts de scotch isolant.
Selon Derek Hassmann, directeur de vol de l'ISS, le conseil donné par son équipe à l'équipage est: "Allez-y doucement,
soyez prudents et utilisez tous les moyens à votre portée."
La remise en état du panneau endommagé est devenue le principal objectif de la mission de 15 jours de la navette. La mission
avait déjà été prolongée pour une sortie non programmée dans l'espace afin d'inspecter une usure de joint rotatif affectant un
autre panneau solaire.
La Nasa prépare un plan de secours si la présence de Discovery auprès
de l'ISS devait être prolongée, par exemple pour
effectuer une nouvelle sortie dans l'espace. La navette est arrivée
auprès de l'ISS il y a huit jours et elle doit repartir lundi.
"J'espère que la réparation va être rapide et facile", a dit Hassmann.
La navette doit rentrer mercredi au Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral
L'ADN du mammouth est conservé dans les poils ISABELLE BRISSON (avec AFP). Publié le 29 septembre 2007
Le séquençage du matériel génétique présent dans le système pileux pourrait être appliqué à d'autres espèces disparues.
En recourant à une méthode de séquençage par synthèse, des généticiens
ont réussi à séquencer l'ADN mitochondrial - seulement transmis par la
mère - de treize mammouths. Parmi les spécimens étudiés se trouve
Adams, le premier mammouth découvert en Sibérie (1799) qui est conservé
à une température ambiante au Musée de Saint-Pétersbourg, et cinq
autres spécimens appartenant à Bernard Buigues, « chasseur » de
mammouths, qui a mis sa collection à la disposition des auteurs. Cette
collection est en très bon état, les restes des animaux se trouvant à
50 m sous le sol à une température négative stable et à l'abri de la
lumière. « Les données génétiques déjà recueillies par cette méthode ouvrent la voie au séquençage du génome de mammouth complet »,
affirme Stephan Schuster, de l'université de Pennsylvanie (est), un des
coauteurs de cette recherche publiée hier dans la revue américaine Science.
Les cheveux ou les poils constituent une source d'ADN meilleure que les
os pour y récupérer la mitochondrie, la centrale d'énergie des cellules
qui se prête particulièrement bien à des études comparées de l'ADN des
mammifères comme des humains. « Le matériel génétique estd'autant mieux protégé que la tige du cheveu fait une deuxième protection, explique Bruno Bernard, chercheur à L'Oréal. Les
kératines de la tige pilaire sont une sorte de sarcophage qui permet
d'éviter la contamination par un ADN étranger à l'organisme étudié. »
Vastes collections
« L'étude montre que le séquençage à très haut débit (par synthèse) peut aussi être utilisé pour analyser des poils vieux de 50 000 ans »,
confirme Eva-Maria Geigl, de l'institut Jacques-Monod du CNRS. Ce qui
ouvre la voie au séquençage du génome du mammouth complet. En outre, il
existe dans le monde des vastes collections d'histoire naturelle, des
animaux taxidermisés, notamment ceux du XIXe siècle, qui pourraient être analysés de cette manière.
Pour Eva-Maria Geigl comme pour d'autres généticiens, les limites de
cette approche sont que l'ADN mitochondrial qui est conservé dans les
poils ne code pas pour l'ensemble des gènes. Il ne renseigne que sur la
ligne maternelle, les mitochondries du père ne pénétrant pas dans
l'ovule lors de la fécondation. Ce qui, pour un éventuel clonage,
représente une entrave majeure, bien que des renseignements
intéressants puissent éventuellement être obtenus par des comparaisons
de génomes mitochondriaux des différentes espèces d'éléphants.
Cet ADN ne livre pas non plus les informations sur le fonctionnement et
le développement des organismes. Enfin, il est difficile de trouver des
poils aussi anciens quand ils ne sont pas conservés dans le permafrost.
Dernière invention en date, désormais, nous n'aurons même pas besoin des martiens ou autres aliens pour disparaître...
Premiers pas vers un laser à rayons gamma
PIERRE MIRA.
Publié le 06 octobre 2007
Des physiciens
arrivent à produire du positronium, combinaison de matière et
d'antimatière, source d'une intense énergie lumineuse.
LE RAYON de la mort, cette arme ultime rêvée par plus d'un esprit
guerrier, ne se cantonnera peut-être plus pour longtemps au monde de la
science-fiction. Les deux physiciens américains David Cassidy et Allen
Mills viennent en effet de créer dans leur laboratoire de l'université
de Californie à Riverside une nouvelle molécule qui pourrait mener
d'ici à une dizaine d'années au développement d'un laser aux effets
destructeurs (1).
Décrit pour la première fois en 1946, le dipositronium (Ps2), c'est son
nom, est longtemps resté une molécule théorique. Et pour cause, sa
durée de vie, qui se résume à seulement un quart de nanoseconde (moins
d'un millionième de millième de seconde), rend sa fabrication ardue. La
faute aux atomes qui le composent. Comme son nom l'indique, le Ps2 est
fait de deux atomes de positronium liés l'un à l'autre. Ces derniers
eux-mêmes sont constitués d'un électron, chargé négativement, qui
gravite autour d'un positron, particule d'antimatière miroir de
l'électron, chargé positivement. Or la matière, dont sont faits tous
les objets et les êtres qui nous entourent, et l'antimatière, qu'on
trouve uniquement sur Terre dans les accélérateurs de particules, ne
font pas bon ménage. Aussitôt mises en contact, deux particules de
matière et d'antimatière se détruisent en émettant un puissant
rayonnement.
Il arrive toutefois que des atomes composés de chacune des deux
particules miroirs se forment juste avant de disparaître. C'est le cas
pour le positronium. Il faut alors faire très vite pour manipuler ces
« briques » éphémères et créer des molécules. Pour mettre toutes les
chances de leur côté, les deux chercheurs américains ont d'abord isolé
plusieurs millions de positrons dans une sorte de cage. Qu'ils ont
ensuite ouverte très rapidement. En une nanoseconde seulement, toutes
les particules ont été envoyées vers une fine lamelle de silice. « Celle-ci est pleine de trous microscopiques, un peu comme un gruyère, explique David Cassidy. Les
atomes de positronium, nés de la rencontre d'un électron avec un
positron au moment de son passage dans la silice, se sont alors
retrouvés prisonniers dans les creux. » Dans une telle promiscuité,
le rapprochement des atomes entre eux était inévitable et au total,
environ 10 000 molécules de Ps2 ont ainsi vu le jour.
Les militaires intéressés
La prouesse n'aurait pu rester qu'une simple curiosité de laboratoire.
Mais voilà : elle ouvre également la voie au développement d'un laser à
rayons gamma, bien plus puissant que son équivalent optique. Après
avoir vécu très brièvement, le positronium disparaît en effet en
émettant des rayons gamma, beaucoup plus énergétiques que de la lumière.
L'idée consiste donc à réunir un grand nombre de ces atomes entre eux,
puis à provoquer leur désintégration exactement au même moment, de
manière à produire un faisceau intense de rayons gamma. L'existence
même de la molécule de Ps2 démontre qu'il est possible de garder en vie
deux atomes de positronium suffisamment longtemps. Et dans les années
qui viennent, l'équipe de David Cassidy compte porter ce chiffre à des
millions d'atomes. Le laser pourrait ensuite voir le jour en une
dizaine d'années, au bas mot. La difficulté première consistera à
augmenter la densité de positronium produit.
Premiers intéressés, les militaires en feraient une arme diabolique. « Non seulement le laser vous brûlerait gravement, mais vous en ressortiriez radioactif car il casserait les noyaux de vos atomes, prévient Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA. Plus pacifiquement, on pourrait s'en servir comme d'une lampe de poche pour sonder l'intimité de la matière. »
Et mieux encore : il permettrait d'allumer facilement des réactions de
fusion thermonucléaire pour produire de l'énergie. Là où plus de 200
lasers classiques seront nécessaires pour déclencher le phénomène -
comme dans le projet français du laser Mégajoule en construction à
Bordeaux - quelques lasers à rayons gamma suffiraient. De quoi se
simplifier la vie.
Un bébé de 7,75 kg naît en Russie(AFP).
Publié le 29 septembre 2007
Ses parents sont pourtant de corpulence normale.
Tatiana Khalina, une Sibérienne de 42 ans, a accouché d'une fille
pesant 7,75 kg. Il s'agit de son douzième enfant. L'accouchement a eu
lieu par césarienne. Nadejda et sa maman vont bien, mais ont été
transférées pour soins postnataux à l'hôpital de Barnaul, la ville
voisine. Le quotidien Moskovsky Komsomolets
indique que Khalina et son mari ne sont pas particulièrement grands.
Les services sociaux ont offert une machine à laver au couple et
continueront à les soutenir. D'après le Guinness des records,
le plus gros bébé de tous les temps est né aux États-Unis en 1879 et
pesait 10,4 kg. Il était décédé onze heures après sa naissance.
Propos recueillis par Vincent Fertey.
Publié le 04 octobre 2007
Une étude
scientifique montre que l’exposition durable au chlore des piscines
pendant l’enfance favorise le développement de troubles respiratoires.
Rencontre avec le professeur Alfred Bernard, auteur de l’évaluation.
Aller trop souvent la piscine présente-t-il un risque pour la santé ?
La réponse est oui. C’est la conclusion à laquelle est arrivé le
professeur Alfred Bernard dans une étude qu’il présente en France dans
le cadre des rencontres organisées par l’Afsset*. D’après cette
évaluation, la fréquentation importante des piscines augmente chez les
enfants le risque de souffrir de troubles respiratoires. Il nous
explique pourquoi.
Pourquoi avoir réalisé cette évaluation ?
On a constaté une recrudescence des cas d’asthmes et de rhinites ces
trente dernières années. On estime que la proportion des adolescents
qui souffrent d’asthme a été multipliée par 3 depuis les années 70 si
bien qu’aujourd’hui environ un adolescent sur dix est touché par cette
pathologie. On a vu que cette hausse touchait particulièrement les pays
où il y avait un nombre important de piscines, comme en Allemagne, en
Angleterre, en Belgique ou en France. Nous avons donc décidé de voir
s’il y avait un lien entre le nombre de piscines sur un territoire
donné et la hausse des troubles respiratoires au sein de la population.
Quelles sont les principales conclusions à retenir ?
Nous avons commencé l’étude en 2006 sur 847 enfants. Ce qui en ressort,
c’est que plus les enfants sont exposés en durée et en fréquence au
chlore des piscines aussi bien intérieures qu’extérieures, plus ils
connaissent des troubles respiratoires. La prévalence de l’asthme
augmente de manière quasi linéaire avec le temps d’exposition au
chlore. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le risque est
encore plus élevé pour ceux qui fréquentent davantage les piscines en
extérieur. Le temps de baignade, en raison de la chaleur, y est en
général plus élevé. Le constat est particulièrement vrai pour les
piscines de particuliers, qui dosent trop souvent mal la quantité de
chlore.
Comment peut-on se protéger ? Il faut réaliser que le chlore, lorsqu’il entre en contact
avec la matière organique, produit un cocktail chimique toxique. D’où
la nécessité de revoir les normes en termes de concentration de chlore
dans les piscines publiques mais aussi privées. Il faut par ailleurs
éviter la surexposition des enfants qui ont un terrain favorable à ce
genre de troubles. Enfin il existe des produits alternatifs au chlore
qui ont les mêmes propriétés mais qui sont beaucoup moins toxiques. En
Allemagne, les piscines publiques ont déjà recours à ce type de
produits et la France commence à s’y mettre.
Le problème reste entier pour les piscines des particuliers ? Oui, en effet. Avec le réchauffement climatique, on constate
un boom du marché des piscines privées. On en dénombre 800.000 en
France et plus de 7 millions aux Etats-Unis. Seul un changement de
comportement au niveau individuel, mais aussi, collectif permettra de
limiter les risques.
Vente aux enchères d'un millier de pièces du Concorde à Toulouse
Un millier de pièces de
collection du supersonique Concorde, des masques à oxygène aux
machmètres, seront vendus aux enchères à Toulouse de vendredi à lundi. Ces
835 lots, dont la mise à prix s'échelonne de 20 à 3.000 euros environ,
comptent une importante quantité d'instruments de bord, des éléments de
l'aménagement commercial, des pièces de structure design, ainsi que des
photographies et maquettes dédicacées par l'équipage du premier vol.Les
pièces les plus convoitées, un machmètre et un train d'atterrissage
d'1,2 tonne, seront vendues samedi avec d'autres lots comme un siège de
toilettes, une porte de soute ou un micro. De
nombreux collectionneurs français et étrangers sont attendus à cette
vente exceptionnelle qui se déroulera à la Halle aux grains, ouverte à
tous et gratuite.Pour ceux qui ne pourraient
acquérir une pièce de leur choix du Concorde, un petit morceau du
supersonique (boulon, rivet, bague, raccord ou collier) est offert avec
le catalogue de ces enchères vendu sur le lieu de la vente. Ce
stock est la propriété d'Airbus (ex-Aerospatiale), qui l'a cédé à
l'association toulousaine Aérothèque, association gérant le patrimoine
historique des usines aéronautiques de la Ville rose.Cette vente permettra de financer Aéroscopia, un parc aéronautique qui ouvrira en 2010 dans l'agglomération toulousaine. Concorde
a été fabriqué à 20 exemplaires, dont six pour le développement et 14
pour les vols commerciaux. La plupart d'entre eux sont aujourd'hui
exposés dans des musées aéronautiques ou des aéroports.
Des astronomes ont découvert
un gigantesque trou, s'étendant sur près d'un milliard
d'années-lumière, vide de matière connue - étoiles, galaxies, gaz -
ainsi que de la mystérieuse "matière noire", selon des résultats
publiés vendredi. "Non seulement personne
n'avait jamais trouvé un trou aussi grand, mais nous n'avions jamais
imaginé en trouver un aussi grand", a déclaré Lawrence Rudnick
(Université du Minnesota, Etats-Unis), qui a dirigé l'équipe rapportant
cette découverte dans la revue Astrophysical Journal.Les
astronomes savaient qu'à grande échelle, l'Univers abritait des zones
vides de toute matière, mais la plupart des cas, étaient nettement plus
petites que celle trouvée par le Pr Rudnick et ses collègues, a précisé
l'Université du Minnesota dans un communiqué. Leur
découverte, montrant une réduction importante du nombre de galaxies
dans une région du ciel située dans la constellation Eridanus, résulte
de l'analyse des données du programme NVSS (NRAO VLA Sky Survey). Il a
permis d'observer environ 82% du ciel visible grâce au radiotélescope
VLA (Very Large Array) de l'Observatoire national américain de
radio-astronomie (National Radio Astronomy Observatory - NRAO,
Nouveau-Mexique). "Nous savions déjà qu'il y
avait quelque chose de différent dans cette zone du ciel", explique le
Pr Rudnick dans le communiqué conjoint du NRAO et de l'Université du
Minnesota.La carte du rayonnement de fond
cosmologique, vestige des premiers photons ayant pu s'échapper dans
l'Univers quelque 380.000 ans après le Big Bang lorsque lumière et
matière avaient pu faire bande à part, montrait une tache froide dans
la région d'Eridanus. Ces données avaient été tirées en 2004 des
observations du satellite WMAP, capable de mesurer des différences d'un
millionième de degré dans ce rayonnement micro-onde."Même
si nos résultats surprenants doivent encore recevoir une confirmation
indépendante, la température légèrement plus faible du rayonnement de
fonds cosmologique dans cette région semble avoir été causée par un
gigantesque trou, vide de matière, situé à quelque 6 à 10 milliards
d'années-lumière de la Terre", ajoute le Pr Rudnick. "Il
est extraordinaire qu'on voit le même point lors de deux observations",
le point froid de WMAP coïncidant avec les structures absentes du
programme NVSS, souligne l'astrophysicien Jacques Delabrouille
(Laboratoire d'astroparticules et de cosmologie, Paris)."Si
des photons rencontrent (NDLR durant leur trajet depuis l'après Big
Bang) des structures en cours de formation, ils vont subir un
refroidissement ou un réchauffement", en fonction d'une sur-densité ou
sous-densité de matière, déclare-t-il, interrogé par l'AFP.S'il
y a expansion accélérée de l'Univers, grâce à l'énergie noire, cet
effet devient plus fort, ajoute ce scientifique qui fait partie de
l'équipe travaillant sur le futur satellite Planck, chargé d'observer
le rayonnement de fonds cosmologique encore plus finement que WMAP.
Une assurance contre une éventuelle attaque du monstre du Loch Ness
...et ils ont rien pris contre Godzilla ?
LONDRES (AFP) - Les organisateurs d'un duathlon qui doit se dérouler
début septembre sur les berges du Loch Ness en Ecosse, ont contracté
une assurance pour le cas où le monstre censé hanter les eaux du lac
attaquerait l'un des participants. (aah ben oui ça arrive tellement souvent !)
FirstGroup, premier groupe de transport britannique qui parraine
l'épreuve, a expliqué dans un communiqué que l'assureur Royal and Sun
Alliance paierait un million de livres (1,46 million d'euros) si
"Nessie" profitait de cette course pour prendre l'air, voire pour
agresser l'un des sportifs. (pff en plus il est herbivore tout le monde le sait...)
"C'est l'une des demandes les plus inhabituelles qu'on ait jamais reçues (on s'en doute) et elle a donné du grain à moudre à notre équipe", a reconnu un responsable de l'assureur, Jon Woodman.
Toute apparition du monstre légendaire devra notamment être vérifiée de
façon indépendante, souligne ainsi la police d'assurance. (ça veut dire qu'ils n'accepteront pas les témoignages des alcooliques clients du bar d'à côté ?)
L'épreuve du duathlon, qui combine course à pied et cyclisme, doit se
dérouler le 2 septembre sur les bords du célèbre lac écossais. L'argent
récolté à cette occasion sera reversé à des oeuvres caritatives. (et à payer une assurance qui sert à rien)
Un virus qui donne un gros rhume ferait également grossir
Un virus, qui généralement
donne un gros rhume, joue aussi un rôle dans l'obésité, selon une
nouvelle étude publiée lundi, qui ajoute encore au faisceau de preuves
que les problèmes de poids pourraient être contagieux.L'adénovirus-36
-- du même type que les virus qui provoquent pharyngites,
conjonctivites ou d'autres affections respiratoires aiguës -- a déjà
été repéré comme coupable potentiel de la prise de poids chez les
animaux, mais selon des chercheurs de l'université de Louisiane (sud),
il peut aussi faire grossir les humains."Nous
ne disons pas qu'un virus est la seule cause de l'obésité, mais cette
étude renforce le faisceau de preuves que certains cas d'obésité sont
liés à des infections virales", explique Magdalena Pasarica,
spécialiste de l'obésité à l'université de Louisiane à Bâton-Rouge.
Des
recherches avaient déjà établi qu'un tiers de personnes obèses sont
infectées par le virus, contre seulement 10% dans le reste de la
population."Nous aimerions être en mesure
d'identifier les facteurs qui prédisposent certains obèses à développer
le virus et peut-être trouver un moyen de les soigner", ajoute Mme
Pasarica. Les chercheurs de Louisiane ont pour
l'instant cantonné leurs recherches sur les humains à des cellules
cultivées dans une boîte de Petri. Ils ont pris des cellules souches
adultes extraites de graisses obtenues par liposuccion et en ont
infecté une partie avec le virus. Les cellules souches infectées se
sont transformées en cellules de graisse au bout d'une semaine.Les
chercheurs pour l'instant ne savent pas expliquer la transformation, ni
combien de temps le virus s'installe dans le corps humain ou si les
effets persistent après qu'il ait été éliminé.Une étude sur des animaux a démontré que les cobayes restaient obèses jusqu'à 6 mois après que l'infection ait été éliminée.
Les dernières études sur le cerveau et les fonctions cognitives des deux espèces précisent encore la singularité de l'homme.
UNE ÉTUDE qui paraît aujourd'hui dans les Proceedings of the National Academy of Sciences
(PNAS) tente de mesurer les différences anatomiques et fonctionnelles
des cerveaux de l'homme et des grands singes. De 1871 jusqu'aux années
1990, les savants ont été en gros d'accord avec Charles Darwin pour qui
l'homme était « un singe avec un gros cerveau ». Même les
neurobiologistes et les anatomistes ont soutenu longtemps la thèse de
l'uniformité du cerveau chez les mammifères, homme compris. Et puis en
1999, Todd Preuss (Yerkes Primate Research Center, Atlanta) et
Ghislaine Coleman (université de Louisiane) ont été les premiers à
repérer au microscope, des différences notables entre le cerveau des
deux lointains cousins. Dans une couche du cortex visuel primaire
humain, les neurones qui transmettent l'information visuelle sont
organisés en un réseau serré, alors qu'ils sont simplement empilés chez
les grands singes.
À peu près au même moment, Patrick Hof (Mount Sinai School of Medicine)
réétudia une famille de neurones présents aussi bien dans le cortex
frontal et temporal des singes que de l'homme. Ces neurones de Von Economo,
du nom d'une neurologue viennois, sont bien plus nombreux chez l'homme
que chez le singe, dans deux régions du cerveau (la cingula et le
cortex fronto-insulaire) dont le rôle est précisément de véhiculer les
émotions complexes comme la culpabilité, le malaise social, ou
l'empathie.
Enfin, la réorganisation de notre cerveau qui s'est jouée pendant
l'évolution a touché aussi ce que l'on nomme les microcolonnes :
découvertes en 1938 par l'Américain Rafael Lorente de No, ce sont les
unités fonctionnelles de base de notre cortex humain. Il s'agit de
colonnes verticales de 80 à 100 neurones liés les uns aux autres,
faisant un pont entre le cortex superficiel et le cerveau profond,
recevant les mêmes influx, et liées aux fonctions cognitives complexes.
Chez l'homme, le planum temporal,
une zone située à la face supérieure et postérieure de la première
circonvolution temporale, et dont la surface est plus importante à
gauche qu'à droite chez le sujet droitier, a un rôle capital dans
l'analyse du langage et l'apprentissage musical. Les microcolonnes du
planum temporal gauche n'ont pas la même organisation que celles des
chimpanzés et des macaques rhésus : elles sont chez nous presque deux
fois plus larges, avec plus de place pour les axones, les dendrites et
les synapses qui assurent les connexions entre neurones.
Mais ce n'est pas tout : en effet pour faire des synapses au bout des
neurones, il faut absolument des cellules appelées astrocytes (elles
représentent à elles seules la moitié des cellules d'un cerveau
humain). Les astrocytes secrètent naturellement une protéine, la
thrombospondine, qui fait justement pousser les synapses. L'infatigable
Todd Preuss a découvert l'an dernier que les cerveaux de l'homme
produisent six fois plus de thrombospondine que ceux des chimpanzés et
des macaques. David Premack (université de Pennsylvanie), qui énumère
toutes ces découvertes récentes dans les Pnas, conclut que « presque
toutes ces singularités humaines sont localisées dans des régions
cérébrales associées aux tâches cognitives sociales complexes ou dans
l'aire du langage ». Différences anatomiques
Malgré ces différences anatomiques de plus en plus apparentes entre les
cerveaux humain et animal, ce dernier peut compter, se souvenir,
apprendre, raisonner, prévoir et même tromper son prochain ! Il y
aurait donc un paradoxe : avec moins, le cerveau animal sait faire
mieux. Oui, si ses performances cognitives sont strictement
équivalentes à celles des hommes. Or argumente David Premak, c'est loin
d'être toujours le cas. Exemple : la mémoire courte du chimpanzé est
presque équivalente (5 à 7 items retenus en même temps) à celle de
l'homme. Mais le singe ne retient que 5 chiffres, là où nous retenons
des nombres complexes ; le quadrumane peut retenir 5 mots, et nous 5
phrases, 5 poèmes, 5 histoires... La différence d'information retenue
est immense.
Autre exemple intéressant : des chimpanzés de laboratoire peuvent
théoriquement apprendre à tromper le soigneur qui ne leur distribue pas
la nourriture qu'ils ont gagnée en lui montrant quelle boîte la
contient. Mais ils ont un mal fou à montrer la boîte vide, pour tromper
le « méchant »
soigneur et ne peuvent la plupart du temps s'empêcher de désigner la
boîte pleine ! Les compétences cognitives animales sont liées à un seul
but, celles de l'homme sont plus généralistes et servent de plus
nombreux objectifs.
JEAN-MICHEL BADER.
Publié le 21 août 2007
Actualisé le 21 août 2007 : 07h56
Eh oui, cette journée touchant quasimment à sa fin, je vous annonce que rien ne s'est produit ce fameux 12 Août 2007, mis à part pas mal de boulot sur un diorama, que mes petits pois ont brûlé dans la casserole ce soir, et que ma lessive n'est pas totalement sèche malgré un franc soleil auhourd'hui...
Mais pourquoi est ce que je vous parle de cela aujourd'hui me direz vous ? Tout simplement car normalement, cette nuit, peut être, les ovnis devraient venir si je me réfère à la série Mystère, passée aussi rapidement qu'une étoile filante et aussi vite digérée qu'une glace à l'eau sur une plage, comme bon nombre de séries estivales télévisées..
Eh oui, rappellez vous, la matheuse complètement hermétique aux paranormal, plus cartésienne que Descartes lui même, et qui finalement, aidée d'une ex alien de série télé (Hilgueugue, souvenez vous, chez les musclés, une blonde alien et ecervelée aux jupes aussi courtes qu'une brosse militaire !), mène l'enquète, découvre que l'armée et l'état nous mentent (non non, elle ne commence pas ses phrases par travailleurs, travailleuses notre héroïne de tf1), et finalement se rend compte qu'elle est elle aussi une alien, née de l'union improbable entre des humains et un parasite alien fait de pure énergie, bref un super ménage à 3 pour faire rêver, mythonner ou simplement distraire dans les chaumières !!!
S'il vous plait mesdames et messieurs les auteurs de séries télé, laissez faire les américains pour le fantastique !!!
Bon, il est 19h59, plus que 4h01 minutes pour débarquer ou juste faire une visite éclair, allez dépèchez vous les aliens, demain il sera trop tard !!!
l y a du Rimbaud chez Daniel Tammet. Comme le poète halluciné de Voyelles
- A noir, E blanc, I rouge -, ce jeune Anglais accouple lettres et
couleurs. Mais sa vision est infiniment plus riche. A chaque chiffre,
chaque lettre, chaque mot, il associe une couleur, une forme, une
texture. Et souvent un son ou une sensation.
if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} Les chiffres,
ses amis, dansent dans sa tête. 1 brille d'un blanc éclatant, 2 se
balance lentement, 3 s'étale, grassouillet, 5 résonne comme les vagues
contre les rochers, 9 se dresse très haut, bleu et intimidant. Les
nombres ont un grain, dur, doux, sombre ou lumineux. 37 a l'apparence
grumeleuse du porridge et 89 évoque la neige qui tombe.
Daniel
Tammet, 28 ans, est un autiste "savant". Il cumule deux maladies
presque jamais réunies : le syndrome d'Asperger, une forme d'autisme
assez légère ; la synesthésie, un trouble entraînant un chevauchement
des sens. Comme tous les autistes, mais moins que la plupart d'entre
eux, Daniel a souffert d'une grave difficulté à communiquer,
aujourd'hui largement surmontée.
Et comme les 50 autres autistes
"savants" recensés dans le monde, il possède des dons intellectuels
inouïs. Il est le seul capable de décrire en détail son univers
cérébral. "J'ai de la chance", constate-t-il en nous servant le
thé dans la cuisine du pavillon qu'il partage avec Neil, son compagnon,
un ingénieur informaticien, à Herne Bay, une petite localité balnéaire
dans le sud-est de l'Angleterre.
Daniel vit avec les nombres
depuis sa tendre enfance. Ils furent le premier langage de ses
émotions. Son obsession des calculs est née d'une crise d'épilepsie qui
l'a frappé à l'âge de 4 ans. Les nombres devinrent alors son réconfort
: "Ils me calment et me rassurent. Enfant, mon esprit se promenait
en paix dans ce paysage numérique où il n'y avait ni tristesse ni
douleur."
On a dit de Daniel qu'il est un "homme-ordinateur". Pourtant, il ne "calcule" pas. Lorsqu'il multiplie deux nombres, il trouve la solution sans effort conscient : "Je
vois le premier nombre à gauche, le second à droite, et une troisième
forme apparaît. C'est le résultat. Je me contente de lire cette image
mentale. Je n'ai pas besoin de réfléchir." Il lui suffit de 28
secondes pour trouver le quotient de deux nombres, accompagné de 32
chiffres après la virgule. Faut-il préciser qu'il n'écrit jamais aucune
opération ?
Daniel n'est pourtant pas un matheux classique. Il
n'aime guère l'algèbre et ses équations, encombrées de lettres mais si
pauvres en chiffres. Ses disciplines favorites sont les nombres
premiers, les problèmes de probabilité et le calcul calendaire, où il
devine en un instant quel jour de la semaine vous êtes né. Pi est son
nombre favori, le seul qui se déroule à l'infini : "Il me fascine. Aucune feuille de papier, fût-elle aussi grande que l'univers, ne pourra jamais le contenir." Il lui doit sa renommée.
La
scène se passe en 2004, le 14 mars - jour de la naissance d'Einstein -,
dans une salle du musée de l'histoire des sciences d'Oxford. Daniel
s'apprête à relever un défi, préparé pendant trois mois, au profit de
la Société nationale d'épilepsie : énumérer de mémoire en public le
plus de décimales possible de Pi. Cinq heures, neuf minutes et
vingt-quatre secondes plus tard, la longue récitation prend fin devant
des examinateurs médusés. 22 514 chiffres sans la moindre faute !
Record d'Europe battu sous une salve d'applaudissements. "Les chiffres, se souvient-il, défilaient devant mes yeux comme les images d'un film."
Pi
a changé la vie de Daniel Tammet. Héros d'un documentaire télévisé, il
se raconte, avec modestie et sincérité, dans un livre récemment
traduit, Je suis né un jour bleu (éd. Les Arènes, 21 €). Son
aptitude à témoigner de ses expériences offre une chance unique aux
neurologues avides de percer les mystères de l'autisme. Il se plie
volontiers aux séries de tests, parfois perturbants, que lui soumettent
les scientifiques britanniques et américains curieux de déchiffrer la
"boîte noire" de son étonnant cerveau.
Par son exemple, Daniel aide à combattre les préjugés qui accablent les autistes : "En récitant le nombre Pi, je voulais leur dire qu'un handicap n'est pas un obstacle fatal." A Salt Lake City, Daniel a rencontré le plus célèbre "savant" autiste, Kim Peek, l'homme qui servit de modèle au Rain Man,
incarné en 1988 par Dustin Hoffman. Ce fut, dit-il, un grand moment de
bonheur. Mais l'image réductrice que le film donnait de l'autisme
appartient, selon lui, au passé : "Il faut permettre aux malades de prendre confiance, d'assumer leur différence."Daniel entretient avec les mots, son "deuxième langage",
une relation esthétique. Comme les nombres, ils ont forme et couleur.
Même chose pour les prénoms : Richard est rouge, John jaune, Peter
violet.
Grâce à sa remarquable mémoire visuelle, il apprend les
langues en un clin d'oeil, ou presque. Il en maîtrise dix : l'anglais,
l'allemand, l'espagnol, l'espéranto, le finnois, le français, le
gallois, le lituanien, le roumain et l'islandais. Il a assimilé cette
dernière, pourtant très difficile, en l'espace de quatre jours passés à
Reykjavik. Les mots lui permettent de gagner sa vie. Il a lancé en 2002
un site Internet d'apprentissage des langues, qui marche très fort,
baptisé Optimnem, en l'honneur de Mnémosyne, la déesse grecque de la
mémoire. A 10 ans, il a créé sa propre langue, qu'il est le seul à
parler, le Mänti ("un pin" en finnois). Elle possède aujourd'hui
plus de 1 000 mots. Daniel est un grand lecteur de biographies et de
dictionnaires. Mais il n'ouvre guère de romans : "Je préfère m'intéresser aux choses vraies." Il est en train d'écrire un nouveau livre où il parle du cerveau, des nombres et de l'imagination.
Daniel
eut une enfance solitaire et souvent douloureuse. A l'école, trop de
choses lui faisaient mal : le bruit, les bousculades, et surtout ce
sentiment d'être différent, qu'il ne pouvait comprendre ni dominer,
faute à l'époque de diagnostic précis. Il se réfugiait dans le silence
de sa chambre ou dans des rites compulsifs : il collectionnait les
marrons, les prospectus, les coccinelles. Il doit à l'amour de ses
parents ("mes héros") d'avoir trouvé, devenu adulte, un heureux
équilibre entre son univers et le monde extérieur, dans une philosophie
qu'il résume d'une phrase : "L'important n'est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres."
Etats-Unis: la sonde Phoenix à la recherche de la vie dans le sol gelé de Mars
La Nasa doit lancer ce samedi la sonde Phoenix, un robot
stationnaire qui ira creuser le sol gelé des régions arctiques de Mars
pour tenter d'y détecter des traces de vie microbienne passées ou
présentes.
Le Phoenix Mars Lander doit être lancé
de la base militaire de Cap Canaveral (Floride, sud-est) le 4 août à
09H36 GMT (05H36 locales). En cas d'impossibilité, un tir sera
également possible à 10H02 GMT (06H02 locales) le même jour.
Le
lancement était initialement prévu le 3 août mais a dû être reporté de
24 heures en raison de mauvaises conditions météorologiques qui ont
retardé les préparatifs.
La sonde devrait se poser près du pôle nord de Mars autour du 25 mai 2008 au terme d'un périple de 680 millions de kilomètres.
La mission d'un coût de 420 millions de dollars est prévue pour durer trois mois.
La
Nasa compte poser la sonde sur un site plat et dépourvu de blocs
rocheux, à une latitude qui correspondrait sur la Terre à celle du nord
de l'Alaska, et où le robot affrontera des températures de -73° à - 33°
Celsius.
Une fois sur la surface de Mars, Phoenix déploiera un bras articulé
de 2,35 mètres capable de creuser à une profondeur d'un mètre. Les
scientifiques espèrent que le robot trouvera de la glace, dont ils
supposent la présence dans le sous-sol.
Puis il déterminera si cette eau solide est, ou a été, propice au développement d'une vie primitive.
La
sonde n'est pas équipée pour détecter directement la présence passée ou
présente de vie dans le sous-sol martien, a souligné la Nasa.
Mais
ses instruments peuvent, en analysant la composition du permafrost
martien, trouver des molécules de carbone et d'hydrogène -des éléments
nécessaires à la vie- ainsi que d'autres composants chimiques et
déterminer ainsi si la vie a été ou est possible sur Mars.
Pour
de nombreux scientifiques, Mars, aujourd'hui aride et stérile, était
autrefois pourvue d'eau liquide. Des traces sur la planète rouge
prouvent qu'il y eut des océans et des fleuves à sa surface.
Deux
robots mobiles américains, Spirit et Opportunity, explorent Mars depuis
2004 et ont trouvé des indices de la présence d'eau dans le passé
martien.
En 2002 déjà, la sonde américaine Mars
Odyssey avait détecté de grandes quantités d'hydrogène à la surface de
la planète, signe probable de la présence de glace, enfouie à moins
d'un mètre sous la surface.
Contrairement à Spirit et Opportunity qui s'étaient posés en
rebondissant à l'intérieur de gros sacs d'air, le Phoenix Mars Lander
se posera en douceur sur le sol martien.
Un
bouclier thermique l'aidera à supporter sa rentrée dans l'atmosphère
martienne à 5,7 km par seconde, puis un parachute le ralentira. Après
s'être séparé de son parachute, de petites rétrofusées le poseront en
douceur, à environ 2,4 mètres par seconde, sur le sol où il reposera
sur ses trois jambes.
Une fois ses panneaux
solaires déployés, quinze minutes après l'atterrissage, le Phoenix Mars
Lander mesurera environ 5,5 mètres de longueur sur 1,5 mètre de
diamètre. Il transporte avec lui 55 kg d'appareils scientifiques dont
une station météorologique canadienne.
La lancement
sera effectué par une fusée Delta 2. La fenêtre de tir se refermera
après le 24 août. Si Phoenix est lancé autour de cette date son arrivée
sur Mars aura lieu début juin 2008.
La Nasa accumule les déboires
depuis le début de l'année et la liste s'est allongée jeudi avec les
révélations qu'un ordinateur devant bientôt voler à bord de la navette
spatiale avait été saboté et que des astronautes ivres avaient été
autorisés à effectuer des missions.L'agence
spatiale américaine a annoncé qu'un ordinateur censé être installé à
bord de la navette Endeavour, dont le lancement est prévu le 7 août,
avait été victime d'un "dommage intentionnel".Ce
sabotage s'est produit sur le site d'un sous-traitant et a été notifié
à la Nasa il y a quelques jours, a indiqué une porte-parole de l'agence
spatiale, Katherine Trinidad.Une enquête est
en cours, a-t-elle précisé, sans donner davantage de précisions sur le
nom du sous-traitant ni où le sabotage s'était produit. En attendant,
l'ordinateur qui était destiné à la Station spatiale internationale
(ISS) est en train d'être réparé, a précisé Mme Trinidad.Endeavour
doit être lancée du Centre spatial Kennedy près de Cap Canaveral en
Floride (sud-est). Durant leur mission à la Station spatiale
internationale, les sept membres d'équipage d'Endeavour, dont un
astronaute canadien, doivent poursuivre la construction de
l'avant-poste orbital avec la livraison et l'installation de plusieurs
équipements.Jeudi également, le magazine
spécialisé Aviation Week & Space a révélé, citant un rapport
interne de la Nasa, que des astronautes américains avaient été
autorisés à effectuer des missions spatiales alors qu'ils étaient ivres.Ces
astronautes éméchés ont été autorisés à voler "au moins à deux
occasions", selon le magazine qui n'a pas donné davantage de
précisions. La Nasa n'a pas fait de commentaires dans l'immédiat.Le
rapport interne de l'agence spatiale indique avoir relevé une
consommation d'alcool importante chez les astronautes y compris dans
les 12 heures précédant un vol alors que la règle interdit toute
consommation d'alcool par les membres d'équipage."Si
ces informations sur des astronautes ivres autorisés à voler s'avèrent
exactes, je pense que l'agence aura à donner des explications", a réagi
le président de la commission des sciences et technologies de la
Chambre des représentants, Bart Gordon.Cette
révélation écorne l'image de la Nasa où les astronautes durement
entraînés et soumis à des situations extrêmes sont supposés faire
preuve d'un sang-froid à toute épreuve. Elle vient s'ajouter aux autres déboires de l'agence spatiale qui se sont multipliés depuis le début de l'année.En
février, une astronaute jalouse, Lisa Nowak, avait agressé une rivale
amoureuse et a été inculpée de tentative d'enlèvement et d'aggression,
ternissant l'image de son corps d'élite. Mme
Nowak, 43 ans, avait fait 1.500 km en voiture du Texas (sud) à la
Floride (sud-est) pour agresser Colleen Shipman, officier de l'armée de
l'air américaine de 30 ans, qu'elle soupçonnait d'entretenir une
liaison avec l'astronaute William Oefelein qu'elle convoitait. Elle a
plaidé non coupable de tentative d'enlèvement.En avril, un consultant de la Nasa a tué un employé de l'agence avant de se suicider au centre spatial à Houston. Et
même la météo a joué des tours à la Nasa. En février, la grêle a
sérieusement endommagé le réservoir externe de la navette Atlantis,
forçant la Nasa à ramener l'engin spatial dans son hangar pour
effectuer les réparations.Atlantis, qui
devait être lancée à la mi-mars, a dû attendre trois mois de plus et ce
contre-temps a forcé la Nasa à supprimer le 5e lancement prévu en 2007.
Un chien
utilisé dans le cadre d'une expérience scientifique a démontré qu'il
pouvait comprendre un vocabulaire de près de 200 mots. Petite histoire
d'un toutou malin.
"Il ne lui manque que la parole !"
Les propriétaires de chien aiment à répéter cette phrase pour bien
signifier toute l'intelligence de leur compagnon à quatre pattes.
Médor, Rex et les autres ne sont sans doute pas prêts à discourir mais
ils pourraient assimiler beaucoup mieux qu'on ne l'imagine le langage
humain. C'est ce que tend à démontrer une étude récemment publiée dans
la très sérieuse revue scientifique américaine "Science".
Tout commence en Allemagne, au sein d'une famille ordinaire
qui ne se lasse pas d'admirer les prouesses de Rico, un border collie
(une race de chiens de berger) capable de faire la différence entre 200
mots prononcés par son maître. Il suffit de prononcer à l'attention du
chien un vocable concernant n'importe quel objet pour qu'il aille le
chercher immédiatement sans jamais se tromper. Persuadée de posséder un
chien hors normes, la petite famille décide donc de le confier à
l'Institut Max-Planck pour l'anthropologie de l'évolution, à Leipzig,
une référence mondiale en matière d'étude du comportement animal.
Rico ne se trompe jamais
Les chercheurs
ont pu non seulement vérifier que Rico comprenait très bien ce qu'on
lui disait mais qu'en plus, il retenait de façon instantanée les mots
qu'il n'avait jamais entendus auparavant. Ainsi, si on lui demande
d'aller chercher un objet inconnu dans une pièce remplie d'objets
connus, il rapporte le bon objet ! Une preuve intéressante aux yeux des
chercheurs de Leipzig pour avancer l'idée que Rico fait une déduction
mentale qui lui permet de comprendre que le nouveau mot concerne
fatalement l'objet inconnu.
On peut demander à Rico de placer certains objets dans une
boîte puis lui ordonner de n'en retirer que quelques-uns et, là encore,
bingo ! Il ne commet jamais la moindre erreur. Contrairement aux
dauphins qui ne se basent que sur le son produit, ce chien étonnant
comprend un mot quel que soit le rythme ou la tonalité avec laquelle il
est prononcé. Si l'intelligence verbale et l'intelligence logique sont
des réalités chez les chiens, rien n'interdit de penser qu'ils
possèdent une forme d'intelligence qui, sans être comparable à celle de
l'homme, pourrait bien s'en rapprocher sérieusement.
Le Havre d'Athéna :
Déesse de la guerre, mais pas seulement, sortie armée du crane même de Zeus son père, elle est la protectrice des arts, de l'inventivité et des techniques.
Puisse-t-elle apporter à ce blog son génie inventif...