
La
vie ne manque pas de sel !
Un
chercheur français rend l'excès de sel responsable de 25 000
décès chaque année. Principaux accusés : les industriels
qui mettent trop de sel dans les plats préparés et autres aliments
surgelés. Entre vérités scientifiques et fausses rumeurs, devez-vous
jeter votre salière ?
Le
sel est sur toutes les lèvres depuis le début de l'année.
La cause : Pierre Meneton1, chercheur à l'INSERM,
qui accuse les industriels de l'agroalimentaire… de
nous empoisonner !
Deux
à trois fois trop de sel
Selon
le scientifique, le sel serait en effet, responsable de plus
de 75 000 accidents cardiovasculaires et de 25 000
morts chaque année en France. Celui-ci dénonce une surconsommation
deux à trois fois supérieure à la normale : au moins 10
à 12 grammes par jour. Certes, le sel est effectivement
connu comme un facteur de risque chez les hypertendus. Mais
selon le chercheur, ce produit est lui-même à l'origine
de nombreux problèmes de santé, notamment chez les nourrissons,
les personnes âgées ou en surpoids.
A
l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA),
on ne veut pas jeter la pierre sur le sel mais on se pose quelques
questions : "Si l'ensemble des scientifiques
s'accorde sur un besoin minimal physiologique autour de
2 g /jour, il est légitime de s'interroger sur
les conséquences éventuelles d'apports moyens quatre fois
supérieurs, et certainement sous-estimés, pouvant aller, chez
les forts consommateurs, à plus de 10 fois cet apport"
peut-on ainsi lire dans l'ouvrage publié par l'agence2.
Les
plats cuisinés, principaux responsables ?
Bien
que le débat sur les effets du sel soit loin d'être clos,
la nécessité de diminuer la consommation en sel semble incontournable.
Mais il ne suffirait pourtant pas de jeter sa salière. En effet,
toujours selon Pierre Meneton, le problème ne vient pas du sel
de table, mais des plats préparés, des soupes, des boissons
ou du pain. Le chercheur accuse en effet les industries du secteur
agroalimentaire d'ajouter ce composé en grande quantité
dans leurs produits. Selon lui, il permet de rehausser le goût
à moindre frais et d'alourdir la viande en retenant l'eau.
Il augmenterait également la consommation journalière de boissons.
Pierre Menneton dénonce ainsi un "empoisonnement de la
population" pour des intérêts industriels. Bien sûr, les
professionnels de la filière se posent en faux contre ces accusations :
selon eux, ajoutez du sel en excès aurait plus sûrement pour
conséquence d'écoeurer les consommateurs.
Teneur
en sel de plusieurs aliments
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Teneur
en sel par aliment
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Pain
:
2,5-2,7 g /baguette
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Céréales :
1,0-1,1 g /100 g 
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Fromages
:
0,6-1,4 g /100 g
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Charcuteries
:
0,9-2,0 g /100 g
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Hamburgers
:
0,5-0,7 g /burger
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Plats
cuisinés :
1,1-1,4 g /portion
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Soupes
: 8-11 g /100 ml

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Conserves
: 2-3 g /boite  |
Dans
les pays scandinaves, l'excès de sel dans les aliments
préparés est pris au sérieux : là-bas, un accord entre
les pouvoirs publics et les professionnels de l'agroalimentaire
a réduit de 40 % les teneurs en sel des aliments. Aucune
mesure de cet ordre n'est prévue en France. Néanmoins,
l'AFSSA présente plusieurs propositions pour améliorer
l'information du consommateur et réduire la quantité de
sel ingéré :
- Actions
ciblées sur la diminution d'apports chez les plus
gros consommateurs de sel ;
- Travaux
pour connaître la consommation réelle individuelle, (apports
des aliments plus ajouts personnels) ;
- Recherches
sur la composition réelle en sel des aliments ;
- Etudes épidémiologiques ;
- Recherche
des aliments - vecteurs dans lesquels pourrait être baissé le
contenu en sel ;
- Faire évoluer
l'étiquetage.
En
attendant une information plus claire et plus précise sur les
dangers du sel, inutile de vous priver de plats préparés. Mais
n'hésitez pas néanmoins à augmenter votre consommation
de produits frais et à vous remettre de temps à autres aux fourneaux :
cela ne présente à priori aucun risque pour votre santé !
Alain
Sousa
1
- L'excès de sel, rapport remis par Pierre Meneton (Inserm
U 367) à l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des
aliments) en février 2000 et repris par le magazine Le Point
du 15 février 2001.
2 - Apports Nutritionnels conseillés pour la population française,
AFSSA, Editions Tec&Doc Lavoisier, 44,21 €uros.
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