Une commission présidée par un historien affirme que le doublement
du nombre de commémorations nationales ces dernières années relève du
clientélisme. Elle propose d'en réduire le nombre de douze à trois.
«Assez de repentance !», avait lâché Nicolas Sarkozy en succédant
l'an dernier à Jacques Chirac. Le rapport de la commission Kaspi
précise, à sa façon, la pensée élyséenne, alors que le président de la
République s'apprête à célébrer mardi le 90e anniversaire de la
victoire de la Grande Guerre dans la Meuse, à Verdun et à Douaumont.
Les conclusions du groupe de travail présidé par l'historien André
Kaspi sont sans appel : «Les commémorations publiques et nationales
sont trop nombreuses.» On en compte douze aujourd'hui, dont une
moitié instaurée sous Chirac, de la célébration de l'abolition de
l'esclavage (10 Mai), à l'hommage aux morts d'Indochine (8 Juin), en
passant par l'hommage aux Justes de France (16 Juillet), aux harkis
(25 Septembre) et aux morts d'Algérie (5 Décembre). «Il n'est pas sain,
écrivent les membres de la commission Kaspi, qu'en l'espace d'un
demi-siècle le nombre de commémorations ait doublé. Il n'est pas
admissible que la nation cède aux intérêts communautaristes et que l'on
multiplie les journées de repentance pour satisfaire un groupe de
victimes, car ce serait affaiblir la conscience nationale, susciter
d'autres demandes et diluer la portée de commémorations.»
«Une véritable désaffection»
Selon
les rapporteurs, «trop de commémorations revêtent un caractère
spécifique et catégoriel». Ils déplorent même que «le clientélisme ou
le communautarisme mémoriel provoque des revendications nouvelles et
incessantes». La solution préconisée est radicale : ne garder que trois
dates au titre des célébrations nationales : «Le 11 Novembre pour
commémorer les morts du passé et du présent, le 8 Mai pour rappeler la
victoire sur le nazisme et la barbarie, le 14 Juillet qui exalte les
valeurs de la Révolution française.» D'ailleurs, relèvent les auteurs
du rapport, à l'exception de ces trois dates, les cérémonies de
commémorations connaissent «une véritable désaffection». Les autres
dates auront quand même droit à des célébrations officielles . Mais
«elles deviendront des commémorations locales ou régionales» , comme,
dimanche, la célébration de la mort du général de Gaulle, dans de
nombreuses communes. Elles pourront même revêtir un caractère
exceptionnel, à l'instar des cérémonies grandioses du soixantième
anniversaire des débarquements alliés de 1944. Hier, le
secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens Combattants, Jean-Marie
Bockel s'est dit contre «l'inflation mémorielle», mais aussi opposé «à
la remise en cause des commémorations existantes». Le patron des
députés UMP, Jean-François Copé, s'est pour sa part déclaré hostile à
la suppression de ces «rendez-vous nationaux». Au-delà du
choix des dates, c'est l'organisation même des événements qui sera
revue. «Les cérémonies doivent évoluer, pas pour le bénéfice ou le
plaisir de changer, mais pour toucher un public plus jeune qui n'a pas
connu ce que nous commémorons», indiquait le chef de l'État, le
10 janvier dernier. Son secrétaire d'État aux Anciens Combattants
annonce que les écoles seront davantage associées. Les célébrations
devraient aussi être plus magistrales. Le 11 novembre 2008 donnera le
ton
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