Le trafic SNCF sera perturbé à partir de
mercredi soir et jusqu'à vendredi matin, en raison d'une grève chez les
conducteurs à l'appel de Sud et la CGT, au sujet d'une nouvelle
réglementation du temps de travail dans le fret que la direction
souhaite prochainement mettre en place.
Le préavis de grève, non
reconductible, allant de mercredi 20H00 à vendredi 08H00, la SNCF a
prévu des perturbations dès mercredi soir, notamment sur les trains
Corail et Thalys.
Jeudi, les réseaux des TGV en France, des trains régionaux et de banlieue seront affectés, selon les prévisions de trafic.
Le
service sera ainsi assuré à seulement 50% sur le TGV Atlantique, à 75%
sur le TGV Sud-Est et à 65% sur les TGV province-province.
Vers la Belgique, un TGV Thalys sera supprimé mercredi soir, trois jeudi, et un vendredi matin.
Les autres TGV transfrontaliers (Eurostar, Alleo, Lyria, etc.) et les TGV Est et Nord seront a priori épargnés.
Pour
les TER, 50% du trafic sera assuré en moyenne jeudi, à l'exception de
la Picardie où il sera normal. Les trains Corail Paris-Clermont-Ferrand
et Paris-Limoges-Toulouse circuleront également à 50% du service
habituel jeudi et aucun train Corail de nuit ne circulera mercredi soir.
Les lignes Corail Intercités en province seront assurées à 50%.
En
banlieue parisienne, la SNCF prévoit 35% du trafic sur ses rames du RER
B avec l'interconnexion à Paris Nord suspendue, 65% sur le RER C, 50%
sur le RER D, et 65% sur le RER E. La ligne A du RER n'est pas touchée.
Pour
les trains de banlieue, 65% de ceux au départ de Paris Est seront
assurés, 50% au départ de Paris Nord, 40% au départ de Saint-Lazare,
50% au départ de Montparnasse et 35% depuis la gare de Lyon.
Selon
la CGT, le mouvement devait être "très bien suivi" dans la branche fret
et "bien suivi" chez les conducteurs de trains voyageurs avec un taux
global de mobilisation "autour de 45%".
Ce mouvement de grève est
dû au projet de la direction de modifier la réglementation du travail
des conducteurs du fret, au motif d'une nécessaire adaptation pour
faire face à la concurrence du privé. Le marché du fret est ouvert à la
concurrence depuis 2006.
Une grève avait déjà été observée les 9 et 10 juin à l'appel de CGT-Sud-FO à ce sujet.
La
CGT et Sud, mais aussi la Fgaac (conducteurs autonomes) et la CFDT qui
n'ont pas appelé à la grève, estiment que ces nouvelles conditions de
travail (durée maximale de conduite, temps de repos) seraient
"dégradées" et seraient un recul pour la santé des agents de conduite,
leur vie de famille et la sécurité de la circulation des trains.
La
CGT estime aussi que les nouvelles règles sont le prélude à "une remise
en cause du statut de cheminot" et qu'elles seront "à terme appliquées
à tous les conducteurs". La branche fret compte 4.400 conducteurs.
Des
négociations sur ces modifications ont été engagées en mars mais ont
échoué au printemps, et une commission paritaire (Etat, direction SNCF,
syndicats) est prévue le 12 novembre pour les entériner.
Entre-temps,
la direction a lancé cet été un appel à des volontaires pour conduire
des trains de fret sous un statut "transitoire" intégrant ces nouvelles
règles. 800 conducteurs se seraient portés volontaires.
La CGT a
demandé mardi le report de la réunion du 12 novembre, tandis que la
Fgaac -deuxième syndicat chez les conducteurs derrière la CGT- et la
CFDT ont demandé à reprendre la concertation. Dans le cas contraire, la
Fgaac et la CFDT, désormais adossées l'une à l'autre, menacent "d'un
conflit d'envergure".