«Hancock» de Peter Berg, avec Will Smith, Charlize Theron et Jason Bateman. Durée : 1h30
Il est irascible, alcoolique, mal rasé, porte un bonnet mité, des
vêtements sales… Et quand il passe à l'action, il casse tout sur son
passage. Son nom ? Hancock. John Hancock… Exactement comme le père
fondateur des États-Unis dont la signature est la première à figurer
sur la déclaration d'indépendance des États-Unis, en 1788. Quoi qu'il
en soit, voilà un drôle de nom pour ce superhéros atypique de Los
Angeles, en voie de clochardisation, interprété par Will Smith, dans le
nouveau blockbuster estival signé Peter Berg (Le Royaume).
À peine sorti aux États-Unis, ce film a d'ailleurs pris la tête du
box-office en engrangeant 62,6 millions de dollars de recettes lors de
son premier week-end en salle. Le scénariste et producteur Akiva
Goldsman, qui a porté à bout de bras ce projet depuis quinze ans, s'en
frotte ouvertement les mains. « Je me souviens qu'en 1993, quand j'ai
lu le scénario original de Vincent Ngo, j'ai tout de suite voulu faire
ce film, explique-t-il. Mais à Hollywood, tout le monde m'a dit :
“C'est trop sombre ! Ce héros est un alcoolique. Un superhéros ne doit
pas se comporter de la sorte.“ Bref, personne n'en a voulu. Mais, au
fil des années, les films de superhéros se sont développés, ont évolué
et changé. Spider-Man est sorti. Puis X-Men et Hulk. Les superhéros ont
commencé à devenir plus humains.C'est alors que, pour Hancock, tout a
recommencé… »
Une idée risquée
Rapidement, Will Smith, qui a également tourné Je suis une légende
avec Akiva Goldsman, s'intéresse au projet. L'idée d'un « superclochard
» qui vole avec une bouteille de gnôle à la main le séduit. « Will
Smith s'est beaucoup investi dans le personnage, commente Akiva
Goldsman. Il s'intéresse aux personnalités complexes. Moi-même, je
crois que les héros bourrés de problèmes psychologiques font de
formidables films. Bien sûr, l'idée d'Hancock était risquée. Une
nouvelle idée fait toujours peur aux pontes de Hollywood, justement
parce qu'elle est nouvelle ! Il est clair que le film brise un tabou en
Amérique. Jusqu'ici, on n'avait pas mis en scène un superman agressif,
ivrogne, malheureux, à la limite de basculer du mauvais côté de la loi.
C'est pour ça qu'Hancock est différent. Un superhéros atteint par une
dépression nerveuse, c'est une première dans le genre ! »
C'est aussi cela qui donne du ressort à cette comédie d'action. Le
film joue beaucoup sur le comique de situation, l'humour, la dérision
et le sarcasme d'un superpoivrot, misanthrope et maladroit. « Avec
Hancock, nous avons injecté une dose de réalisme, voire de naturalisme
dans les films de superhéros, ajoute le scénariste d'Un homme
d'exception avec Russell Crowe. Quant à son nom, il s'agit d'une astuce
à double sens. Aux États-Unis, quand on dit à quelqu'un : « D onnez-moi
un “John Hancock”, cela signifie : « Signez-moi ce papier. » Comme le
personnage incarné par Will Smith est amnésique, quand il se réveille à
l'hôpital, il décide simplement de s'appeler comme ça ! »
Bien sûr, on n'arrivera a faire dire à Akiva Goldsman qu'Hancock
symbolise l'Amérique d'aujourd'hui ! « Une Amérique déboussolée, qui a
perdu son chemin et qui a même oublié son histoire, vous voulez dire ?
Non, je n'irai pas jusque-là… Quoique ! », conclut-il avec un fin
sourire.
Le Havre d'Athéna :
Déesse de la guerre, mais pas seulement, sortie armée du crane même de Zeus son père, elle est la protectrice des arts, de l'inventivité et des techniques.
Puisse-t-elle apporter à ce blog son génie inventif...