Le cinéaste américain Eric Brevig fait revivre l'esprit de Jules
Verne en s'appuyant sur la technologie du numérique et sur un récit
bien mené. Le scientifique Trevor Anderson (Brendan Fraser) accompagné
de son neveu (Josh Hutcherson) et d'une guide (Anita Briem), se
retrouve bloqué dans les entrailles de la Terre. Ils vont découvrir un
monde fascinant et inquiétant… Scènes d'action parfaitement dosées :
passage d'un gué au-dessus d'un précipice, sur des pierres en
apesanteur, océan peuplé de piranhas et autres monstres marins prêts à
vous dévorer, jungle remplie de plantes carnivores, dinosaure qui crève
l'écran et vous saute au visage…
Bien installé dans son
fauteuil, malgré les lunettes spéciales un peu lourdes, on frémit, on
sursaute, on est de cette aventure à couper le souffle qui ouvre la
voie à un nouvel âge d'or, à une nouvelle génération de films en 3D
plus aboutis et très efficaces. Ce Voyage au centre de la Terre est une
véritable révolution technologique même si le cinéma en relief n'est
pas une nouveauté. Dès 1935, Louis Lumière élaborait un procédé avec
des lunettes à verre coloré. Dans les années 1950, John Wayne avait été
à la fois acteur et producteur du premier western en relief, Hondo,
l'homme du désert, de John Farrow. Alfred Hitchcock, également curieux
de la troisième dimension, utilise le système de relief Polaroïd pour
Le crime était presque parfait et se confiait à ce sujet dans des
entretiens avec François Truffaut : « L'impression de relief était
donnée surtout dans les prises de vue en contre-plongée, j'avais fait
aménager une fosse pour que la caméra soit souvent au niveau du
plancher ». Mais l'engouement pour le cinémascope a vite balayé ces
innovations.
Des nouveaux effets spéciaux
C'est
l'arrivée du numérique qui, aujourd'hui, a changé la donne.
« Récemment, on a pu voir des documentaires musicaux en 3D comme Hannah
Montana mais cela n'a rien de comparable avec la fiction que j'ai
réalisée », explique Eric Brevig.
Le roman de Jules Verne était
pour lui un terrain de jeu idéal. Le cinéaste est en effet un as des
effets visuels, oscarisé en 1990 pour son travail sur Total Recall, de
Paul Verhoeven. « Pionnier dans ce domaine, je voulais montrer avec
Voyage au centre de la Terre ce dont j'étais capable », résume celui
qui a déjà conçu des courts-métrages en 3D pour les parcs d'attraction
Disney. Eric Brevig est surtout ami de longue date de James Cameron qui
termine Avatar, une superproduction en 3D, à 200 millions d'euros. Il a
pu profiter du Fusion System, un système de caméra inventé par le
réalisateur de Titanic. « Il s'agit d'un couple de caméras vidéo haute
définition dont les objectifs sont disposés côte à côte. Elles
enregistrent simultanément deux scènes identiques pour simuler l'œil
droit et l'œil gauche du spectateur. Avant cette innovation, les
caméras 3D, trop encombrantes, n'étaient pas maniables. Elles ne
permettaient pas de filmer au plus près les acteurs ou même de changer
de focale en cours de prise de vues. Avec ce nouveau moyen, on revient
finalement à une grammaire classique du cinéma. Le plus difficile en
somme ce ne sont pas les effets spéciaux ou la 3D, mais de raconter une
histoire. »
Ce n'est pas Brendan Fraser qui le contredira.
L'acteur, devenu « banckable » depuis le succès planétaire de La Momie
1 et 2 (800 millions de dollars de recette dans le monde) et qui
revient le 6 août dans le troisième épisode de la saga, a tenu à faire
partie de l'odyssée de Voyage au centre de la Terre à condition d'en
être également le producteur exécutif. « Cela m'a donné la possibilité
de remanier le scénario originel. La relation entre les trois
personnages ne fonctionnait pas. J'ai trouvé la solution en me
plongeant dans le livre que je n'avais jamais lu enfant. » Et de se
dire « très fier du résultat ». « La star du film ce n'est pas moi,
c'est cette expérience unique que vous allez vivre en salle et qui
donne du relief au cinéma ! »
Où voir le film en relief ?
Paris (Gaumont Champs-Élysées, MK2 Bibliothèque)
Ile-de-France (Épinay-sur-Seine, Mantes, Torcy, Évry, Villeneuve-la-Garenne, Gaumont Disney à Marne-la-Vallée)
Le Havre d'Athéna :
Déesse de la guerre, mais pas seulement, sortie armée du crane même de Zeus son père, elle est la protectrice des arts, de l'inventivité et des techniques.
Puisse-t-elle apporter à ce blog son génie inventif...