"Vous
êtes impatients. Nous aussi": en pleine morosité des Français sur le
pouvoir d'achat, le gouvernement signe de ce slogan une vaste campagne
de publicité, déclinée depuis lundi.
Le message sera déployé
pendant trois semaines à la télévision, sur internet et dans la presse
écrite, seule la radio ayant été écartée "pour des raisons
budgétaires", selon Thierry Saussez, responsable de l'opération en tant
que nouveau chef du Service d'information du gouvernement (SIG).
Le
pouvoir d'achat est le premier souci pour 49% des Français (+22% en six
mois), selon une étude commandée par le gouvernement à l'Ifop. De quoi
inciter François Fillon à présenter lui-même la campagne dans les
locaux du SIG, une première pour un Premier ministre.
"Nous avons
pris depuis un an beaucoup de mesures, certaines assez techniques et
complexes", a-t-il plaidé. Or, "pour tirer parti des réformes
réalisées, les Français doivent pouvoir s'informer précisément de leurs
droits.
Le gouvernement a ciblé la défiscalisation des heures
supplémentaires, les exonérations d'impôt pour les jobs étudiants, la
diminution de moitié de la caution locative et l'exonération des
intérêts d'emprunt à l'achat d'une résidence principale.
A la
télévision, la campagne occupe les grandes chaînes nationales et vingt
chaînes de la TNT, du câble et du satellite. Elle comprend quatre spots
thématiques de 20 secondes et un spot "générique" reprenant toutes les
annonces en 45 secondes. Environ 1.630 diffusions sont prévues.
Chacun
des spots débute par "Vous êtes impatients. Nous aussi", et se conclut
par la phrase "C'est mois après mois que nous gagnerons la bataille du
pouvoir d'achat".
La campagne, orchestrée pour 4,33 millions
d'euros par l'agence Young & Rubicam, se décline aussi en bandeaux
sur neuf sites internet commerciaux et à travers trois annonces
thématiques diffusées dans la presse quotidienne nationale, régionale
et gratuite.
Un site spécifique (www.mesurespouvoirdachat.gouv.fr) permet de retrouver l'ensemble des mesures "et celles à venir".
Thierry
Saussez, un expert en communication politique proche du président
Nicolas Sarkozy, a été placé en avril à la tête du SIG, recevant en
prime le titre inédit de délégué interministériel à la communication.
Quelques
jours après cette nomination, le chef de l'Etat avait admis "une erreur
de communication totale" de l'exécutif autour du paquet fiscal, la
première loi-phare du quinquennat.
Ce texte, présenté il y a un
an comme le moyen d'accroître le pouvoir d'achat, est, depuis, pilonné
sans cesse par la gauche comme "un cadeau fait aux plus riches".
D'autres mesures lancées ensuite sont jugées insuffisamment connues.
M.
Fillon a notamment cité lundi la possibilité de rachat des RTT, le
déblocage de la participation et de l'intéressement, le plan prévoyant
"5.000 maisons individuelles à 15 euros par jour", l'augmentation de la
prime à la cuve, le tarif social du gaz pour "750.000 foyers" ou le
projet d'aide directe au trajet domicile-travail.
Le PS a
qualifié la campagne de "publicité mensongère au service d'une
stratégie partisane" et de "poudre aux yeux". Le gouvernement "ferait
mieux de dépenser de l'argent pour aider les Français", a aussi
commenté l'eurodéputé Stéphane Le Foll.
L'argument financier est
"un mauvais procès", a estimé pour l'UMP le député Frédéric Lefebvre,
en soulignant que le budget du SIG était stable "depuis des années et
des années" et que la campagne était "une bonne chose".