Dix-huit lycéennes américaines d'un même
établissement de Gloucester (Massachusetts, nord-est) toutes mineures,
sont sur le point d'accoucher au même moment, et plusieurs d'entre
elles avaient décidé collectivement d'être enceintes.
"Un petit
groupe d'étudiantes s'est présenté à plusieurs reprises à l'infirmerie
pour des tests de grossesse, et elles n'ont pas caché leur satisfaction
lorsque les analyses ont été positives", a déclaré sur la chaine de
télévision Fox Christopher Farmer, un responsable du département
d'Education de Gloucester, une ville de 35.000 habitants à plus de 90%
blanche.
L'annonce de la dix-huitième grossesse à la "Gloucester
High School", un lycée situé près du port de Gloucester, à une
soixantaine de kilomètres au nord de Boston, est survenue jeudi soir
dans les colonnes du journal local, le Gloucester Daily Times.
"Nous
suivons cette histoire depuis deux mois et tout à coup quelqu'un y a
prêté attention" a déclaré à l'AFP Jeffrey Pope, un journaliste du
quotidien.
L'affaire a en effet éclaté au niveau national, et
international, avec la publication par l'hebdomadaire Time dans son
numéro de jeudi de cette histoire de grossesse collective. Time
assurait en outre que plusieurs de ces lycéennes avaient conclu un
pacte et décidé d'élever ensemble les enfants qu'elles allaient mettre
au monde.
Les pères des enfants, qui ne sont pas identifiés pour
l'instant, seraient tous âgés de plus de 21 ans et risquent d'être
poursuivis pour "détournement de mineures", selon la législation
généralement très libérale de l'Etat du Massachusetts. "Le procureur a
toute latitude pour décider de le faire ou pas", a précisé à l'AFP un
assistant du procureur au tribunal des mineurs d'Essex County, le plus
proche de Gloucester.
"L'histoire du pacte est exagérée. Le maire
de la ville de Gloucester, Carolyn Kirk et le proviseur Joseph Sullivan
ont passé une heure avec le journaliste, et ils considèrent que
l'article de Time est inexact"", a assuré à l'AFP Greg Verga, 40 ans,
membre du Conseil de l'école.
"Nous avons appris ces grossesses
en mars dernier", a précisé à l'AFP Amy-Beth Healey, également membre
du Conseil de l'école, mère de trois filles âgées de 6 à 10 ans. "Nous
avons vérifié que c'était vrai, et puis le maire a créé un groupe de
réflexion qui doit nous conseiller sur les réactions appropriées et les
mesures à adopter au niveau du lycée et de sa crèche", a-t-elle ajouté.
Aucune
des lycéennes n'est âgée de plus de 16 ans, et l'école, qui a une
garderie, ne dispose pas de places suffisantes. Le Gloucester Daily
Times titrait vendredi "la crèche de Gloucester High School débordée en
septembre".
Le lycée a fermé ses portes pour les vacances, dans
cette petite ville de 35.000 habitants peuplée à 92% de blancs et où le
revenu moyen annuel est de 58.459 dollars par an --légèrement au dessus
de la moyenne nationale-- et les jeunes futures mamans étaient
introuvables vendredi.
Un employé de McDonalds a déclaré à l'AFP
sous couvert d'anonymat que cette nouvelle avait été "un choc pour la
communauté". "C'est une honte, mais ces enfants ne sont pas surveillées
par leurs parents", a-t-il ajouté.
"Nous fermons à 23 heures le
soir et les gamins restent dans le parking jusqu'à 2-3 heures du
matin", a-t-il ajouté. "Où sont donc leurs parents ? Ils ne peuvent pas
rejeter la faute sur les enseignants", a-t-il ajouté.