Un chercheur allemand, l'archéologue Helmut Ziegert, est persuadé
d'avoir découvert les vestiges du palais construit il y a trois
millénaires pour la reine de Saba.
Personnage mythique s'il en
est. L'amie, ou alors l'épouse, à moins que ce ne soit la concubine, du
roi Salomon. La femme qui selon la Bible est venue le voir à Jérusalem
avec des «chameaux chargés d'aromates, d'or en grande quantité et de
pierres précieuses». Qui en a eu un fils, Menelek, dont deux cent
vingt-cinq générations plus tard, Haïlé Sélassié, le dernier empereur
d'Éthiopie emporté en 1974 par la révolution afro-marxiste, s'est
toujours réclamé.
Autant dire que les fouilles du professeur
Ziegert, alerte septuagénaire à la culture encyclopédique, ne laissent
pas indifférent. C'est à Aksum, en Éthiopie, qu'il s'acharne depuis
bientôt quinze ans à coups de pinceau et de spatule.
C'est là,
selon un communiqué de l'Université de Hambourg, qu'il a «découvert le
palais de la reine de Saba, datant du Xe siècle avant Jésus-Christ» .
L'endroit où «pourrait aussi avoir été gardée un temps» la non moins
emblématique Arche d'alliance, mythe fondateur s'il en est du
monothéisme judéo-chrétien. Ce serait le coffre en bois d'acacia,
recouvert d'or, contenant les dix commandements tels que révélés à
Moïse. L'objet de la quête d'Indiana Jones dans les Aventuriers de
l'arche perdue en 1981.
Des restes de sacrifices rituels
Ce
qui a été concrètement trouvé, le 10 janvier dernier, est un fossé d'un
mètre de large, deux mètres de long et un mètre et demi de profondeur.
«Je suis sûr qu'il s'agit du palais de la reine de Saba», assure
l'archéologue qui en veut pour preuve «une série de détails, la
datation, et l'orientation des murs mis au jour».
Ce premier
palais, selon l'expert, a été rapidement détruit pour faire place à un
autre édifice reconstruit dans une autre configuration, orientée vers
l'étoile de Sirius et ce sur ordre de Menelek, le fils de la reine de
Saba et de Salomon devenu adorateur de cette constellation céleste.
Pour preuve, des restes de sacrifices rituels et, à en croire le
chercheur hambourgeois, la «tradition orale millénaire».
Il se
dit sûr que l'Arche d'alliance y «a été conservée pendant une période
plutôt longue». Voire, dans une déclaration citée par l'hebdomadaire
Der Spiegel, qu'«elle est toujours à Aksum», mais dans un édifice
datant du IVe siècle de notre ère. Pas dans les caves du Vatican en
tout cas, comme le veut une des innombrables hypothèses sur les Tables
de la Loi. L'arc de triomphe de l'empereur Titus conquérant de
Jérusalem, fait-il valoir, ne reproduit pas l'arche sainte parmi les
trésors dérobés.
Tout le monde n'est pas convaincu pour autant.
Orientaliste de renom, Ricardo Eichmann estime par exemple que «la
reine de Saba est aussi réelle que le roi Arthur» . Mais au moins
depuis le grand tableau kitsch The Queen of Sheba peint par
l'Autrichien orientaliste Rudolf Ernst à l'orée du XXe siècle,
l'estampe spectaculaire d'Edmond Dulac datant de 1911 ou depuis que
Saba a pris les traits de Gina Lollobrigida en 1959 dans le péplum
coloré de King Vidor avec Yul Brynner, il est permis d'en rêver. Et
Helmut Ziegert nous y invite.
Le Havre d'Athéna :
Déesse de la guerre, mais pas seulement, sortie armée du crane même de Zeus son père, elle est la protectrice des arts, de l'inventivité et des techniques.
Puisse-t-elle apporter à ce blog son génie inventif...