«Hillary et Bill», le documentaire de René-Jean Bouyer décrit une femme et un homme au service d'une seule ambition: le pouvoir.
Ils
s'en étaient fait le serment, bien avant d'échanger des promesses de
mariage: Hillary Rodham ferait tout pour conduire Bill Clinton à la
Maison-Blanche; puis, à l'issue de ses deux mandats, Bill aiderait
Hillary à devenir la première présidente des États-Unis. C'est cette
ascension, contre vents et marées, entre affaires financières et
aventures extraconjugales, que raconte le passionnant documentaire de
René-Jean Bouyer, diffusé ce soir sur France2. Pour réaliser
le portrait des Clinton à l'heure où Hillary se lance dans la course à
la présidence, le réalisateur a visionné des centaines et des
centaines d'heures de films: «Il existe 12 000 cassettes soit
6 000 heures de films tournés par la Maison-Blanche, explique-t-il. Ces
images étaient inaccessibles jusqu'à l'ouverture récente de la
bibliothèque Clinton à Little Rock, sa ville natale, qui réunit toutes
ses archives, y compris visuelles. Nous avons été les premiers à les
visionner. Nous avons aussi acheté des films sur la jeunesse de Bill à
une chaîne locale.» Cette plongée dans la vie des Clinton donne
une biographie édifiante du couple par ses proches : des camarades de
jeunesse et d'université, des professeurs, le pasteur qui les a mariés
et des adversaires politiques. «Ce qui est frappant, c'est que tous
font le même portrait d'Hillary, poursuit le réalisateur. Une femme au
caractère affirmé, ambitieuse et distante, alors que lui est un homme
du Sud, chaleureux et charismatique.»
Profondément liés Et
grand amateur de femmes comme l'a révélé l'affaire Lewinsky. «Ce
couple se déchire, mais il est inséparable. Bill et Hillary sont
profondément liés, ils éprouvent une fascination mutuelle. Je crois
qu'elle l'aime profondément. Et puis, elle a toujours su que, sans lui,
elle n'arriverait pas à entrer dans la course à la présidence.» Le
peut-elle encore face à un Obama qui a le vent en poupe? «Rien n'est
joué, insiste René-Jean Bouyer. À la même époque, Bill Clinton ne se
trouvait pas dans une situation très confortable non plus. L'image
qu'elle dégage, celle d'une femme manquant de sincérité, est plus
dangereuse que son rival Obama. Elle travaille cette image mais elle
manque de charisme. Une qualité qui ne s'apprend pas.» |