Un professeur japonais a inventé une machine
pour mesurer le rire et une nouvelle unité, le "ah", afin d'établir si
l'hilarité d'une personne est sincère, cynique ou moqueuse.
"Selon
ma théorie, dès que le cerveau détecte quelque chose de rigolo, le
diaphragme se met en mouvement", a affirmé vendredi à l'AFP Yoji
Kimura, professeur en sciences de la communication à l'université du
Kansai (centre-ouest) d'Osaka, port d'attache de nombreux humoristes
japonais.
En posant des capteurs sur des volontaires, notamment
au niveau de leur estomac, il a mesuré les mouvements du diaphragme et
des muscles. Sa machine peut chercher jusqu'à 3.000 fois par seconde
les signaux électriques produits par le corps en cas d'hilarité.
Selon
l'inventeur, cette précision peut permettre d'établir si quelqu'un rit
de bon coeur ou se force, voire si la personne s'amuse cyniquement ou
par dérision.
M. Kimura a établi une nouvelle unité de mesure, le
"ah", pour classifier les rires. "Nous avons découvert que le rire des
enfants est le plus spontané, avec 10 ah par seconde, soit deux fois
plus que celui des adultes", explique-t-il.
Un écart attribué aux
"calculs" des adultes, qui perdent leur spontanéité en se demandant
s'il est approprié de rire en fonction de la situation.
Le
professeur distingue quatre étapes possibles dans un rire: la détente,
la sortie de la norme, le rire de bon coeur et enfin, parfois, l'éclat
de rire.
Pour lui, comprendre le mécanisme faisant passer de l'un à l'autre "est la clé d'un secret de l'âme humaine".
Car
pour M. Kimura, rire permet à l'homme de repartir du bon pied, "comme
le redémarrage pour un ordinateur". Et il croit l'humanité capable de
passer, après un "siècle de guerre, à un siècle d'humour et de
tolérance".