L'ex-top-modèle devenue chanteuse à succès risque d'incarner une
première dame inédite, à décoiffer les plus vieux appariteurs du
palais. Mais avec son charme et son intelligence, elle devrait réussir
à s'inventer un rôle qui, si l'on s'en tient à la Constitution,
n'existe pas. Qu'est-ce qui va changer ?
PASSION
A-t-on jamais vu à l'Élysée un couple présidentiel amoureux, tendrement
enlacé, se susurrer des mots doux en tentant une escapade jusqu'au
jardin des Tuileries ? Jusqu'alors, les couples pratiquaient au mieux
le vouvoiement respectueux, au pire ils se donnaient des rendez-vous
aux cérémonies officielles via leur secrétariat.
GLAMOUR
Le chef du protocole de la République, Jean-Pierre Asvazadourian, peut
se frotter les mains. Avec le mariage du président, les chancelleries
ont poussé un ouf de soulagement. Et les invitations officielles
affluent. Pensez, pour rien au monde le duc d'Édimbourg ne manquerait
la visite d'État le mois prochain au château de Windsor. Hier encore,
il croyait qu'il serait condamné à faire tapisserie. Maintenant, on
craint qu'il n'ait une crise d'apoplexie. Carla deviendra une parfaite
ambassadrice de la mode française ; elle est accoutumée à porter du
Dior, du Chanel ou du Gaultier sans qu'il soit besoin de faire une
retouche. Autre avantage : la première dame parlant parfaitement
l'italien, l'anglais et l'espagnol, on fera des économies d'interprète
lors des rencontres européennes.
RETENUE
Seule concession à son nouvel état : Carla Sarkozy devra renoncer à
certains contrats publicitaires que Carla Bruni aurait acceptés. Les
photos de la première dame nue, seulement vêtue de bottes, ne devraient
pas faire sourire certains chefs d'État pointilleux sur la longueur des
manches. En revanche, élevée au château de Castagneto Po dans une
grande famille turinoise, Carla Bruni-Tedeschi n'a pas son pareil pour
entrer élégamment dans une limousine, en sortir sans rien dévoiler,
serrer des mains sans mollir, animer une conversation avec un chef
d'orchestre ou un Prix Nobel, réussir un plan de table, repenser la
décoration des appartements de l'Élysée et ouvrir les palais aux
artistes rock and roll.
CARITATIF
À ceux qui s'interrogent sur le choix d'une œuvre caritative que Carla
pourrait parrainer ou présider, il est bon de rappeler que la nouvelle
locataire de l'Élysée n'a plus à faire la démonstration de son cœur
d'or, toujours prête à donner de sa personne pour soutenir les œuvres
comme Theodora ou Les Restos du cœur, auxquels elle vient de verser les
60 000 euros gagnés dans le procès contre la publicité illicite de
Ryanair.
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