 S'il y a en Europe un pays bas sur l'eau, c'est bien les Pays-Bas. Des
experts se sont réunis toute la semaine à Scheveningen (au pied de la
mer du Nord) pour trouver des solutions face à la montée du niveau de
la mer. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne manquent pas
d'idées. Il le faut, car s'il y a un pays qui est en Europe menacé par
la montée des eaux, c'est bien celui-là. Imaginez que 55% du territoire
occupé par pas moins de 65% de la population est située sous le niveau
de la mer. Plus de 3.500 km de digues protègent déjà le pays contre les
assauts de la mer. Des digues qui n'ont cessé d'être améliorées depuis
1953, année où certaines ont cédé sous l'effet d'une violente tempête
provoquant la mort de plus de 1.800 personnes ! En fait les Pays-Bas
sont sous l'emprise d'une triple menace : 1. La montée de la mer (qui
pourrait gagner entre 35 et 85 cm d'ici la fin du siècle). 2. La montée
en parallèle du niveau notamment du Rhin et de la Meuse, sous l'effet
de fortes pluies liées au changement climatique. 3. Les Pays-Bas sont
de plus en plus bas, le fait de pomper l'eau contribue à affaisser la
terre qui pourrait, dans les 50 ans, connaître un enfoncement de 40 cm.
Face à ces mesures, le gouvernement prend les grands moyens, il vient
de décider de consacrer 22 millions d'euros à des projets
anti-inondations et 23 autres millions seront consacrés à la recherche
de nouvelles techniques. Parmi ces mesures qui vont se remettre en
place, certains sont classiques, comme le rebroussement des digues
(certaine d'entre elles vont être rehaussées jusqu'à une dizaine de
mètre), ou encore la création de bassines de rétentions (afin de
recueillir le trop-plein éventuel des rivières). D'autres projets sont
infiniment plus novateurs, ainsi envisage-t-on d'élargir le lit des
fleuves et des rivières pour faciliter leur écoulement. De créer des
îles artificielles, plus précisément 5 îles artificielles à une
trentaine de km pour briser la force des vagues). Des îles, ô symbole,
qui pourrait constituer un archipel en forme de tulipe. Encore plus
fort, mais là on n'est pas au stade du projet, on en est déjà au stade
de l'expérimentation technique, c'est la construction de maisons
flottantes, voire même de quartiers amphibies qui pourraient
s'accommoder périodiquement d'inondations. |