Le
prince Charles, connu pour son activisme en faveur de l'environnement,
a appelé jeudi l'Europe à faire encore davantage pour lutter contre le
réchauffement climatique, prévenant que l'heure du "Jugement dernier"
se rapprochait dangereusement.
"L'horloge du jour du Jugement
dernier pour le changement climatique avance toujours plus vite vers
les douze coups de minuit. Nous n'agissons tout simplement pas assez
vite" pour faire face au défi du réchauffement, a affirmé l'héritier de
la couronne dans un discours devant le Parlement européen à Bruxelles.
Si
le monde ne prend pas la mesure des défis à venir, "le résultat sera
une catastrophe pour tout le monde", a-t-il mis en garde.
"La
banquise au pôle Nord fond si rapidement que certains scientifiques
prévoient qu'elle disparaîtra complètement l'été dans sept ans",
s'est-il inquiété. "Le simple fait qu'un tel événement soit concevable
constitue un nouvel appel à se ressaisir, alors que nous progressons
tels des somnambules vers le bord du gouffre", a ajouté le prince
Charles.
Il a notamment plaidé pour associer plus étroitement le
secteur privé aux efforts des pouvoirs publics et des ONG dans la lutte
contre le réchauffement climatique.
Il a salué les récentes
propositions de la Commission européenne pour parvenir à l'objectif
d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l'UE de 20%
par rapport à leurs niveaux de 1990 d'ici à 2020 et, sur cette même
période, de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la
consommation.
Mais il a estimé qu'il faudrait aller "bien plus
loin". Et il a invité l'Europe à intensifier ses efforts pour
convaincre les Etats-Unis et les grands pays émergents de s'associer
plus nettement aux efforts sur le climat.
L'UE doit oeuvrer à
"forger un dialogue réellement efficace avec la Chine, l'Inde et les
Etats-Unis, qui reconnaisse clairement les implications du changement
climatique en termes de sécurité" pour la planète, a-t-il dit.