Après la tétine qui non seulement empèche de parler, de crier mais clame les enfants, après la télévision baby-sitter idéale, qui s'occupe même du père de famille sans que celui-ci craque devant elle, après les centres pour troubles du comportement qui éduque à votre place, et au pire supplée les déficits éducatifs (métaphore pour "parler d'enfants élevés pire que des chiens ou pas du tout"), voici venir une nouvelle solution pour les parents décidément en pleine rupture éducative (nouvelle métaphore pour "qui n'ont pu avoir de chiens alors il sont fait des gosses et en plus ça rapporte !") : le prozac !
Un enfant en état de grande dépression pourra désormais être mis
sous anti-dépresseurs. L'Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Produits de Santé (AFSSAPS) a accordé mardi une « extension
d'indication » pour le Prozac, jusqu'alors réservé aux adultes. Quelque
40 000 enfants sont concernés. Cette décision fait suite à
l'autorisation de la prescription de Prozac aux enfants par l'Agence
européenne du médicament (EMEA), en août 2006. Mais l'AFSSAPS voulait
encadrer cette prescription avant de l'autoriser en France. Elle émet
donc de fortes réserves.
Risques pour le développement des organes sexuels
Car
être sous Prozac à huit ans peut s'avérer dangereux. Une étude
effectuée sur de jeunes rats révèle que ce médicament peut entraîner
des problèmes de croissance et de développement des organes sexuels, «
en particulier des atteintes testiculaires irréversibles » précise le
rapport. En outre, il peut entraîner un comportement suicidaire,
surtout en début de traitement. L'Agence européenne du
médicament (EMEA) a même commandé des études complémentaires au
laboratoire Lilly qui produit le médicament, dont les résultats ne sont
pas encore connus. Dès lors, pourquoi l'autoriser dès maintenant aux
enfants ? « C'est la seule solution pour aider certains jeunes patients
», réplique Nathalie Deleau, chef de l'unité de pharmacovigilance à
l'AFSSAPS.
« Une prescription pas anodine »
«Nous
voulons attirer l'attention des professionnels de la santé sur le fait
que cette prescription n'est pas anodine, qu'elle doit être réfléchie
et bien cadrée », insiste cependant Nathalie Deleau. L'AFSSAPS rappelle
ainsi qu'il faut en priorité que l'enfant suive une psychothérapie. Ce
n'est que dans le cas où « 4 ou 6 séances n'ont pas eu d'effet sur
l'enfant » que le traitement peut être envisagé. Il devra être
accompagné d'une « surveillance étroite » pour prévenir des
comportements suicidaires et d'une surveillance particulière de la
croissance et du développement pubertaire. Si le traitement se prolonge
au-delà de 3 mois, une consultation auprès d'un pédiatre endocrinologue
doit être envisagée. L'agence recommande également que le
médicament soit prescrit uniquement par des psychiatres ou
pédopsychiatres, et non des généralistes. Mais l'AFSSAPS n'émet que des
recommandations et n'impose rien. « Le nombre de pédopsychiatre étant
insuffisant en France, des généralistes seront amenés à le prescrire
aussi », déplore ainsi Nathalie Deleau. Dans le cas d'une
prescription pour un adolescent post-pubère, l'agence ne voit pas
d'inconvénient à ce que la prescription soit effectuée par un
généraliste, et le suivi est similaire à celui d'un adulte. Un
dispositif national de suivi pharmacologique a été mis en place pour
rassembler et surveiller tous les effets secondaires du médicament sur
l'enfant.
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