Le taux du Livret A devrait théoriquement monter à 4% mais le gouvernement pourrait s'y opposer
Selon la formule automatique de calcul en vigueur depuis 2004, le
taux du livret A devrait monter à 4% le 1er février, soit son plus haut
niveau depuis plus de vingt ans. Mais le gouvernement pourrait
intervenir pour limiter la hausse. L'ancien gouverneur de la Banque de
France, auteur d'un rapport très récent sur ce placement, se déclare
défavorable à une rémunération excessive de l'épargne à vue qui
pénaliserait le logement social.
Le calcul du taux de
rémunération du Livret A, détenu par 45 millions de Français est
automatique depuis 2004. Il correspond à la moyenne entre l'inflation
hors tabac et le taux d'intérêt interbancaire Euribor 3 mois majorée de
0,25 point. Même si l'inflation est remontée modérément (2,46% sur un
an), le taux auquel les banques se prêtent de l'argent est lui très
élevé (4,857% pour l'Euribor 3 mois). Le calcul pour le rendement du
livret A aboutit donc à 3,9% arrondi à 4% ce qui en fait le taux le
plus élevé depuis vingt ans, à comparer à la rémunération actuelle de
3%.
Du côté du ministère de l'Economie et des
Finances, on n'exclut pas une intervention pour limiter la hausse du
livret A au motif de "circonstances exceptionnelles". Ce bond de
rémunération aurait en effet des conséquences sur le financement du
logement social. Car les encours du livret A permettent de financer les
prêts à long terme des organismes du logement social. Une hausse du
taux du livret renchérirait donc le coût de leurs crédits. "Aujourd'hui
un quart de point d'augmentation de la rémunération actuelle coûte 500
millions d'euros annuels aux fonds d'épargne en charge du financement
des HLM", indique l'ancien gouverneur de la Banque de France, Michel
Camdessus, auteur d'un rapport sur le livret A. Pour cette raison,
Michel Camdessus se déclare défavorable à un relèvement du livret A
dans une interview publiée dans le journal Le Monde d'aujourd'hui. "Il
n'est pas raisonnable de sur-rémunérer l'épargne à vue, c'est-à-dire un
taux sensiblement au dessus de l'inflation, alors qu'il s'agit
d'encourager l'épargne longue", estime-t-il. Son rapport propose
d'ailleurs une modification du mode de calcul du livret A.
En
l'état actuel le dispositif prévoit que la Banque de France doit
terminer ses calculs aujourd'hui 15 janvier avant de les transmettre à
la direction du Trésor qui procède ensuite à une publication du taux de
rendement du livret A au journal officiel. L'application du nouveau
taux s'appliquera à compter du 1er février jusqu'au 1er août date de la
prochaine révision du taux.
Source latribune.fr Copyright 2005 La Tribune
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