Les préservatifs malaisiens préparent eux aussi Pékin 2008
Jean-François ARNAUD.
Publié le 05 octobre 2007
Premier producteur mondial de préservatifs, la Malaisie s’attend à voir ses commandes gonfler pour les Jeux olympiques.
DANS les plantations d’hévéas de Malaisie, les ouvriers sont des
saigneurs. Ils sont chargés de faire «pleurer le bois» en incisant son
écorce. Ces écorcheurs de la forêt s’activent comme jamais depuis
quelques mois. Ce n’est pas la peur d’un orage imminent qui les fait
courir. C’est plutôt un rendez-vous historique.
Une partie des gros clients industriels du précieux suc de l’hévéa
attend les livraisons avec impatience. Le fait est peu connu, la
Malaisie est le troisième producteur mondial de latex (1,2 million de
tonnes en 2006) derrière l’Indonésie et la Thaïlande, mais c’est aussi
le premier exportateur de préservatifs de la planète.
Alors que les autres pays producteurs ont continué à servir en priorité
la puissante industrie du pneumatique qui s’arroge toujours les deux
tiers de la production mondiale du latex, la Malaisie a su diversifier
ses débouchés. Elle a misé sur les utilisations médicales (à plus forte
valeur ajoutée) du caoutchouc naturel, en développant les usines de
gants, de cathéters et de préservatifs. Politique de prévention Une activité historiquement marginale, mais qui a connu un
développement spectaculaire avec le développement de la prévention
contre le virus du sida. «Nous dénombrons quinze industriels
enregistrés qui ont réalisé l’équivalent de 30 millions d’euros de
chiffre d’affaires à l’export», annonce le Conseil de promotion pour
l’exportation du latex malaisien. Et aujourd’hui, un nouvel événement
dope le marché du préservatif.
Ce n’est pas, fort heureusement, une recrudescence de l’épidémie, mais
la mise en place tardive d’une politique de prévention en Chine
populaire. Le gouvernement de Pékin qui a longtemps minimisé le
problème du VIH est en train de changer de doctrine. La publicité pour
les préservatifs était interdite dans l’empire du Milieu jusqu’en 2002.
Depuis peu, les autorités sanitaires centrales incitent à la
distribution massive de préservatifs. Le pays possède une vingtaine
d’usines mais c’est largement insuffisant pour la consommation à venir.
D’autant que la fabrication de préservatifs est une activité de haute
technologie, assimilée à du matériel médical et nécessitant de nombreux
et coûteux contrôles de qualité. Les entrepreneurs chinois ne vont pas
pouvoir créer des usines aussi vite qu’ils le souhaiteraient. Le
journal Les Nouvelles de Pékin, expliquait cet été que les ministères
chinois de la Santé et du Commerce avaient promulgué un décret
demandant à tous les hôtels de tourisme, les douches publiques et les
centres de vacances chinois de mettre des préservatifs à la disposition
de leurs clients. Dans ce contexte, les industriels malaisiens parient
que les Jeux olympiques de Pékin, organisés en août prochain se
traduiront par un pic de commandes. «Cela devrait se ressentir dès le
troisième trimestre 2007, nous nous attendons à une excellente fin
d’année», prévoit le très officiel Bureau malaisien du caoutchouc (le
MRB pour Malaysia Rubber Board) qui regroupe les producteurs de latex.
«Les consommateurs chinois apprécient les marques d’importation, se
félicitent les responsables de la marque malaisienne Pleasure Latex,
l’an dernier nous avons expédié 150 millions de préservatifs, nous en
prévoyons 300 millions en 2007, et nous investissons massivement de
façon à atteindre une capacité de production de 800 millions».
En prévision de l’afflux de touristes pour les Jeux olympiques de
Pékin, leurs produits sont distribués dans tous les magasins de
l’enseigne 7-Eleven de Pékin et Shanghai. Habitués à satisfaire les
demandes de plus en plus sophistiquées des utilisateurs européens et
américains en terme de formes, de saveurs et d’épaisseur du caoutchouc,
les fabricants malaisiens pensent qu’ils ont une longueur d’avance pour
être en première place face à cette Chine qui s’éveille.
Auront-ils toutes les tailles, car de temps en temps ils faut revoir les modéles en foncton des croissances ;o) Et puis augmenter la production des capotes pendant les olympiades de Pékin, ce sera toujours mieux et pleins d'espoir que les prostituées à disposition comme lors de la dernière coupe du mon de football en Allemagne de 2006
Le Havre d'Athéna :
Déesse de la guerre, mais pas seulement, sortie armée du crane même de Zeus son père, elle est la protectrice des arts, de l'inventivité et des techniques.
Puisse-t-elle apporter à ce blog son génie inventif...